lundi 20 décembre 2010

GARANTIE DES METAUX PRECIEUX: Petite histoire



Livre de police des années 1800


Certains forums sont administrés par notre ami Québècois Michel Zimmermann, fils de joaillier français expatrié dans la belle province.   Cliquez pour agrandir les images
Un forum récent ou nous débattions sur le livre de police, nous a amené des réflexions sur les obligations paperassardes bien françaises qui en découlent.
Alors, nos amis étrangers lorsqu'ils lisent nos débats, nous disent leur bonheur de produire assez librement, c'est peut être ignorer nos caractères  latins qui ont quelquefois besoin d'être encadrés!!!!!!??????
Il m'est donc venu l'idée  de vous expliquer comment nous en sommes arrivés là, en clair, de quand date le contrôle de la Garantie.

Atelier de Jouaillier
Il est évident qu’il existait des règles relatives aux titres des métaux avant  l’an 1260, mais variables selon les lieux de production,
mais c’est en 1260 qu’apparait un premier statut pour les orfèvres.

Etienne Boileau, prévôt de Paris sous Louis IX, rédige le "livre des métiers" qui réglemente les corporations d’arts et métiers. La charte parisienne des Orfèvres impose notamment à ces derniers, diverses prescriptions afin de garantir le titre des ouvrages. Le livre mentionne :







« Aucun Orfèvre ne peut travailler d’or à Paris qui ne soit à la touche de Paris ou meilleur,….d’argent qu’il ne soit comme esterlin ou mieux »
Mais comment contrôler l’application de ces règles et règlements et par là  même de punir ceux qui les enfreignaient ?
C’est pourquoi il fut décidé d’obliger les maitres orfèvres à marquer leurs ouvrages d’un poinçon spécifique, n’appartenant qu’à leur personne.
le poinçon de « maitre »
Ce fut le premier poinçon, il fut institué pour l’argent.
  En 1275, Philippe III Le Hardi prescrit par une ordonnance royale, la marque des ouvrages, au moyen d’un poinçon propre à chaque communauté d’orfèvres, par ville, et dans tout le royaume.
En 1313, son successeur, Philippe IV le Bel, étend l’usage de la marque aux ouvrages d’or.
« Voulons et ordonnons que en chaque ville ou il y aura orfèvres ait un seing propre pour y signer les ouvrages qui y seront faits »
exemples de poinçons de communautés d'Orfevres


 En 1355 une ordonnance royale de Jean II Le Bon impose à tout orfèvre d’apposer sur les ouvrages de sa fabrication un poinçon spécial représentant une fleur de Lys couronnée, muni d’un symbole personnel.
Au vu des pièces de cette époque qui sont parvenues jusqu'à nous aucune ne porte ces poinçons, et il semble que ces décisions royales soient restées sans effet, mais….on y avait pensé.
  

Création sous Henri III  en 1579 d’un droit sur les ouvrages d’or et d’argent bientôt appelé droit de remède. Le « remède » étant l’alliage que les orfèvres mettaient dans leurs ouvrages pour les rendre plus liants et les travailler plus facilement.
Louis XIII par une ordonnance du mois d’octobre 1631 révoqua les précédentes et pour remplacer le droit de remède, créa un droit de 3 sous par once d’orfevrerie; Mr Labellande, dans son « traité général des aides » nous dit que les premières recettes furent affectées au rétablissement de la Sainte Chapelle et au Palais.
Cette nouvelle taxe ne semble pas non plus avoir été suivie d’effet car il n’en est même pas fait mention dans la déclaration du 17 février 1672
Cette déclaration de 1672 d’après BL Raibaud (auteur du Traité de la Garantie) abrogea les lois de Philippe le Bel et successeurs ; mais elle fixa le poids des gros ouvrages dont la fabrication fut permise, et pour la première fois on laissa libre cours au commerce de l orfèvrerie...... Pas pour longtemps!
Depuis deux siècles,  les découvertes  des mines du nouveau monde avaient créé une abondance de métaux précieux qui ne pouvait qu’être avantageuse pour le commerce et l industrie.

En 1674 Colbert met en place un " droit de marque et de contrôle "  tarifé par l’ordonnance de 1681, et l’accompagne d’un vaste mouvement de rationalisation des impôts avec l’instauration de la Ferme générale.
Au passage en 1679 Louis XIV édicte un règlement général fixant, entre autres, la dimension des poinçons de maitre qui ne devaient pas dépasser deux lignes en hauteur et une ligne un quart en largeur (4,5 m/m sur 3)
Ce qui permit d’augmenter ces droits sous pretexte de payer les officiers essayeurs et contrôleurs réunis à la ferme de la marque d’or, par les édits de 1718 et 1723. Ces droits furent appelés droit de Seigneuriage et droit de marque d’or.
Une institution royale de la perception avec ses poinçons propres de charge et de décharge et ses règles particulières de marque s’est progressivement mise en place à côté de la réglementation corporative du titre (poinçons de jurande).
Revenons sur le poinçon de Maitre
Ci dessous poinçons de Nicolas Hilaire Vilain en de 1727 à 1740
et Jean Nicolas Picard 1682 à 1747




Jusqu'à la fin de l ancien régime, il comprend  les initiales du Maitre, avec un symbole particulier appelé « différent » (Une mitre, une rose, un oiseau, ou poisson, pour ma part une croix celtique) le tout surmonté d’une fleur de lis, couronnée et assortis de deux grains dits « grains de remède » Ces fameux grains (ou petits points) rappelant à l origine la limite extrême de la tolérance du titre de paris. 


Poinçons de Charge et Décharge de l'ancien régime

Nuit du 4 août 1789 L'abolition des privilèges, parmi lesquels figuraient ceux des membres de la corporation des orfèvres, est proclamée.

Le 2 mars 1791, la loi Le Chapelier pose le principe de la liberté du travail et réalise de façon plus concrète l'abolition des jurandes et des maîtrises en interdisant les associations professionnelles.

En avril 1791, les impôts indirects sont supprimés. A partir de cette période, il n'existe donc plus ni organisme exerçant un contrôle sur les titres de métaux précieux, ni impôts sur ces métaux..... Pas pour longtemps non plus!

Mais voila, c’était sans compter avec la roublardise de certains qui se mirent à frauder, et puis aussi la perte de revenus pour le trésor public 

Au passage une petite anecdote, il y a des années, au bureau de Rouen, nous devions faire essayer nos pièces pour qu’elles soient poinçonnées et nous rendre ensuite 2 étages plus bas pour régler les droits avant de remonter les deux étages pour récupérer nos pièces. On faisait la queue derrière un comptoir ou se tenait une fonctionnaire tatillonne et comme je n’en ai jamais raté une pour l’ouvrir à mauvais escient, quand enfin fut venu mon tour , je saluais notre Marilyn usagée de la fonction publique par un tonitruant « Bonjour mon trésor » ce qu’elle prit mal, je lui expliquais en vain que le  "trésor public"  que nous inscrivions sur les chèques remis a cette dame» de par définition était a tout le monde  et que par là même elle était « mon trésor » La réponse fut sèche, elle appela celui qui était derrière moi et me dit  revêche  »je vous prendrais en dernier » nos rapports ne s’arrangèrent que par la reforme du service.

Donc le gouvernement à la suite d'une déclaration d'urgence du Conseil des Anciens, la loi "relative à la surveillance du titre et à la perception des droits de garantie des matières et ouvrages d'or et d'argent"  fit fabriquer de nouveaux poinçons et créa un droit de garantie de 20 frs par hectogramme d’or indépendamment des droits d’essais .ce fut la loi du 19 Brumaire An VI (9 novembre 1797)

 
19 brumaire An VI: 9/11/1797
        
 On simplifia les règles, avant les fabricants étaient obligés d’apposer  un poinçon  dit de « charge » sur les ouvrages en fabrication ou de faire la déclaration au bureau du fermier de toutes les pièces  qui ne pouvaient supporter ce poinçon. (art 8 et 9 de la déclaration du Roi du 26/1/1749 L’article 12 obligeait aussi les maitres orfèvres de faire une nouvelle déclaration au bureau, toutes les fois qu’ils voulaient changer la destination des ouvrages commencés ,le tout a peine de confiscation et de 100 livres d’amende pour « chacune des pièces auxquelles il aurait travaillé »

De là venait les termes « A charge et à décharge »
Résultat, cela retardait le travail, provoquant des révoltes de la part de certaines communautés d’Orfèvres

Une nouvelle loi sur les finances du 28/4/1816 maintient le droit de garantie, ainsi que celui du décime par franc sur tous les impôts indirects



 Mais une autre loi du 5 ventôse an 12 article 80 a confié à l administration des droits réunis (devenus plus tard contributions indirectes) la perception du droit sur les ouvrages d’or et d’argent, en laissant à l administration des monnaies la surveillance des bureaux de garantie.
Pour une fois, diviser pour mieux régner  ne marcha pas, les fonctionnaires ne savaient plus ou étaient les limites de leur « territoire »



Une ordonnance du 5 mai 1820 fixa définitivement leurs attributions respectives dans cette matière.

Elle concerne en effet les titres, les poinçons, les droits de garantie, les bureaux de la Garantie et leur personnel aussi bien que les diverses obligations des orfèvres pour la fabrication et la vente de leurs ouvrages, l'affinage des métaux et la répression des fraudes.

Les poinçons "officiels" vont remplacer les poinçons de jurande et de la marque (charge et décharge). Cette loi fixe les bases de la Garantie.

Vinrent les années 1994 et la  récente grande réforme …….

J'exprime un regret que comprendront ceux qui sont attachés à l histoire, aux traditions de nos métiers, le regret qu'aient été supprimés les poinçons de Maitre qui ont été remplacés par le poinçon de responsabilité.

Ces poinçons de Maitre permettaient  de savoir qui avait fabriqué un objet, et à quelle date il avait exercé et cessé d'exercer car les services de la garantie (a certaines périodes Le Prefet) devaient veiller a ce que jamais deux poinçons ne soient semblables au niveau du Symbole.
Ainsi mon poinçon de Maitre , était un Losange dans lequel se trouvait mes initiales JJ   R   et  une croix celtique; symbole que j'avais choisi en accord avec l'administration.
Admettons qu'un Jean Jules Renard se présente pour déposer ses initiales et une croix celtique, il ne l'aurait pu. Il fallait qu'il trouve un autre Symbole
Les poinçons de la garantie officielle nous permettaient de savoir dans quelle ville avait été insculpé l'objet.
Ainsi  un Béta grec couché (certains disent que c'est un O en dialecte Athénien) gravé dans la tête d'aigle de l'or  nous permettait de savoir que cet objet avait été insculpé à Rouen. 
Donc un bijou marqué "JJ croix celtique R" avec une tête d'aigle ayant un Beta grec dans la chevelure de l'aigle, permettra à un un spécialiste, un expert, un commissaire priseur,de dire que c'est un bijou en or 750/1000° (anciennement 18 carats) fabriqué par jean jacques Richard qui fut Joaillier, maitre Artisan à Rouen au 7 de la rue Saint Lo, établi en ces lieux de 1972 à 2006.
C'est terminé et c'est dommage.
On peut toujours graver une "marque" sur un bijou, rien ne permettra de dire que celui ci a été fabriqué en Thailande, à l'ile Maurice ou en Chine.


Un rappel des poinçons ayant cours depuis 2009


Cliquer pour agrandir



vendredi 10 décembre 2010

VERNEY: MIchel Ermelin


Michel Ermelin, fondateur de la maison Verney nous offre de nouvelles créations, de nouvelles lignes, de nouveaux horizons dans le paysage du bijou.

Témoin cette broche "Sangmo" d'une grande délicatesse dont les motifs feuilles sont en turquoise , la tige en or est pavée de diamants gris





Cliquez sur les images pour agrandir
Cette broche "Perroquet" posée sur son dessin émeraudes et or gris 









Pendants "Neïda Fleurs en rubis   Tiges en Rubis Or Noir




Bague "LOUISE"
C'est une bague avec un diamant rectangle or noir et or jaune, barrettes serties de diamants gris



Cette belle bague avec  diamant Losange, des diamants gris sur or noir.


La Bague "Thésée" une pièce originale, imaginative..
Un labyrinthe est gravé sur la base plate de cette citrine cabochon et sur l'or sont serties des aigues marines du Cachemire.
Thésée était parti avec les enfants à la recherche du minotaure dans le labyrinthe, heureusement, Ariane lui avait donné un fil a dérouler pour qu'il puisse en sortir.       
    


 Pendentif Cerceîs Turquoise , or gris, diamants





Un retour en arrière, c'était il y a 25 ans, Verney existait déjà et Michel Ermelin  nous offrait cette bague coffre fort

Un simple déclic sur le haut de la bague et ce diamant de 2 carats 82 apparaissait ou disparaissait.
Discrétion assurée pour prendre le métro, mais surtout grand talent pour le système.







Avouez qu'on ne s'ennuie pas avec Michel, les précédents articles le concernant sur ce Blog

En mai 2015 Michel Ermelin donne de ses nouvelles et comme d habitude , cela vaut la peine






Maison VERNEY, 24 place Vendôme, PARIS

mardi 19 octobre 2010

L'Histoire d'une perle:De CITROËN à Vincent LINDON



Au mois de mars 1913, Paris était désoeuvré.
Pas de réforme des retraites!!! pas de scandale politique ou financier à se mettre sous la dent, c'est pourquoi un fait divers passionna la ville.
Une rumeur avait couru les semaines précédentes comme quoi des perles maquillées circulaient chez les vendeurs parisiens au prix des perles naturelles.

Alerté, le président de la chambre syndicale des négociants en diamants pierres précieuses et perles, Mr Rheims avait adressé une plainte contre X. Le parquet ouvrit une enquête. L'enquête aboutit chez un marchand Parisien Mr Willing qui de fait, vendait une perle qu'il proposait à la vente pour 260.000frs . (Si mes calculs sont bons 83.000 € de nos jours).
Cette perle avait été proposée à Monsieur Citroën ( famille d'André Citroën le constructeur automobile) de la branche des Diamantaires descendants de Roelof Citroen.
Monsieur  Armand Citroën, vice président de la Chambre Syndicale, acheteur éventuel avait, selon les us et coutumes de la profession, déposé cette perle dans un coffre au crédit Lyonnais sous enveloppe scellée.

D'après mon confrère spécialisé dans la perle, Laurent Duizend, expert a Paris, "C'est la manière traditionnelle de bloquer l'objet en attendant la conclusion de l'affaire"
Un commissaire de police, dépêché sur place avait saisi la perle pour la faire examiner par un collège de professionnels. Messieurs Bruhl, Citroên, Rheims et Templier la déclarèrent "Maquillée".

A l'époque , le prix d'une perle fine est proportionnel au carré de son poids exprimé en grains (le carat est le 5 eme du gramme et le grain, le quart du carat, soit le 20 eme du gramme)

Donc une perle de 10 grains avec une valeur de  une fois son poids:
10X10=100frs. 
Ensuite selon l'estimation de la qualité du lot ou de la perle on calculera une valeur multipliée par le carré du poids
Une perle de 10 grains au carré fait 100Frs, si on l'estime a 50 fois son poids cela donne 5000frs.
Ceci pour vous expliquer que les articles concernant ce procès ne donnaient qu'une indication:
"Mr Willing fit connaître qu'il avait reçu, pour la vendre 62 fois et demie son poids soit 260.000frs la perle
Ce qui nous donnerait un poids de 64 grains environ.pour différentes raisons, il est difficile de comparer avec notre époque en donnant la conversion de ce prix en Euros,près de 700.000€, mais en 1913 les perles fines étaient très, très chères.


Broche de Vever utilisant des perles d'eau douce d'Amérique

Monsieur Willing avait deux associés sur ce coup, Mr Altschueler et Mr Barboza, et devait partager les bénéfices.
D'où venait-elle? cette perle d'Amérique naturelle mais d'eau douce, avait été acquise auprès de Monsieur Lindenbaum courtier en perles, je reparlerais de lui à la fin de l'article.
Mais la perle avait subi un traitement et nos complices avaient confié ce travail à un homme "de race Hindoue" Mr Varma.
Cinq années passèrent, une enquête longue et précise qui aboutit à un renvoi devant la 16 eme chambre correctionnelle de Paris.
Mr Altschueler étant décédé, Mr Barboza et Mr Varma se présentèrent seuls à l'audience assistés de Maitre Charles Philippe et de Maitre Rappoport.

Monsieur Barboza déclara que la "perle était très connue sur la place de Paris".

Varma expliqua que Altschueller lui avait confié la perle pour "l'améliorer" et qu'il devait participer aux bénéfices si le prix vendu dépassait les 108.000frs.
Varma lui avait donné une couleur rosée grâce à un enduit.

Appelé à la barre, Monsieur Reinach, expert, expliqua au tribunal

"Elle avait l'aspect d'une perle d'orient à raison de sa couleur rosée teintée. Elle ressemblait à une perle d'orient, mais lorsqu'elle fut trempée dans l'alcool, l'enduit est parti"
Varma répondit qu'"il avait mis du collodion pour l'empêcher de craqueler et que son travail n'était pas fini lorsque la perle lui fut saisie"

En réalité Varma l'avait enduit de Collodion à l'acétate d'amyle.

Renseignements pris auprès  d'un professeur d'Université
"L'acétate d'amyle, ou ethanoate d'amyle est un ester de l'acide acétique et de l'un des isomères du pentanol:formule brute:C7 H14 O2.
Il est utilisé comme dissolvant(par ex pour les ongles) et comme additif dans un grand nombre de procédés de synthèse chimiques. Là il est mélangé avec le collodion (qui lui est une substance chimique dangereuse) Cela ressemble a un vernis gélatineux qui a été d'ailleurs utilisé dans les arts au 19° siècle et début du 20°. 
L'idée est de laisser sur le support une matière vernissée plus brillante que la surface d'origine: on comprend l'intérêt du processus en question: maquiller la perle en une perle plus brillante et de texture différente."

J'ai sélectionné des passages du jugement du tribunal présidé par Mr Lemoine.


"Attendu que l'on distingue deux sortes de perles, les perles maritimes ett les perles d'eau douces, dites perles américaines, moins belles, généralement blanches et de valeur bien inférieure; Attendu que la perle en question avait été trempée par Varma dans un bain de collodion à l acétate d'amyle, opération qui avait eu pour résultat de changer son caractère d'origine, de lui donner le ton jaune des perles d'orient au lieu du ton mat des perles d'amérique; Attendu que la couleur ajoutée par Varma au collodion avait une importance particulière, puisqu'elle donnait à la perle une nuance légèrement dorée et mélangée de rose, qui pouvait la faire prendre par toute personne, même compétente pour une perle d'Orient ;

Attendu que le trucage était si bien réussi que lorsque monsieur Willing (dont la bonne foi n'a jamais été suspectée) présenta la perle à la maison TIFFANY, chez CARTIER, Chez BOUCHERON, tous connaisseurs, aucun d'eux ne découvrit la supercherie..."

Rheims, Citroën, Bruhl, Templier, excellents professionnels reconnurent aussi que s'ils n'avaient été prévenus, ils n'auraient rien vu. 

De même le tribunal indique que la perle avait été achetée par Altschueler 72.000Frs pour la revendre 260.000frs alors que le procédé n'améliorait rien puisqu'il devait disparaitre à plus ou moins long terme , la tromperie sur la marchandise fut reconnue, et Varma fut condamné à six mois de prison et 5000Frs d'amende, quant à Barboza il écopa de 3 mois de prison et 500frs d'amende.

Léonard Rosenthal dans son merveilleux livre "Au Royaume de la Perle" écrivit en 1925




Cliquer pour agrandir l'image


 Dans cet article de ce blog il est des noms qui méritent qu'on s'y attarde!


Armand Citroën était d'une longue lignée de diamantaires, il est le neveu d'André Citroën le constructeur de voitures. 
 Barend Limoenmann à Amsterdam en 1811 dut changer son nom sous Napoléon et prit le nom de Citroen, c'est plus tard que le tréma apparut , Barend avec Netje Roseboom eut 14 enfants, six d'entre eux furent joailliers ou orfèvres, son sixième fils Karel Salomon était courtier en diamants à Paris
Le 8 eme enfant de Barend Citroën s'appelait Levie et avec Amelie Kleinmann ils eurent 5 enfants  Hugues et Bernard, qui étaient diamantaires. 
Armand Citroën est cité sur le document ci-dessous en tant que participant au repas du cinquantenaire de la Chambre Syndicale de la BJO de la rue du Louvre en 1927


Repas du Cinquantenaire de la chambre syndicale de la BJO en 1927
Sur ce document Armand Citroën est présent mais aussi les Lindon, nous en parlerons plus après. amis tous les acteurs de cet articles sont présents.












Sur cet autre document aimablement fourni par la chambre syndicale de la rue du Louvre on retrouve Armand Citroen au 26 rue Lafayette et Hugues, fils de Bernard Levie Citroën et frère d'André l'homme de la firme aux chevrons. Hugues est installé au 24 de la rue Lafayette.

Levie était arrivé avec sa femme au beau milieu des évènement de la commune, il faut être français pour assister impuissant à de pareils évènements et Jacques Wolgensinger dans son livre sur André Citroën dit que Levie et sa femme étaient "Effarés".

Mais il va rapidement assurer son affaire et est considéré par ses confrères comme un homme d'un grand sérieux, il avait réussi, mais déja...en 1873 la  crise...spéculations, grèves sauvages, etc...En 1883 des investissements dans le diamant d'Afrique du sud qui s'écroulent, des medicaments et drogues pour combattre ses inquiétudes...et Bernard Levie Citroën une nuit se défenestre .

Sa femme Amélie va reprendre son affaire. Ses enfants, Jeanne, Hugues, Fernande (j'en reparlerais) Bernard et André  vont devoir affronter la vie.


Armand réussit dans le diamant, réussit à Paris, donc fréquente le tout Paris, il a acquis une propriété dans le midi et en 1925, il invite Colette, dans sa villa de Beauvallon- guerrevieille, "la Bergerie"Près de Saint Tropez



Baie de Saint Tropez

C'est là qu'elle va découvrir le midi de la France, et connaître un courtier en perles et diamants, Maurice Goudeket, qui sera son troisième mari
Maurice lui assure qu'elle va adorer le midi puisqu'elle aime la Bretagne
En 1926 Colette achète une maison dans l'anse des Canebiers là ou Brigitte Bardot s'établira, "la treille muscate"





La maison de Colette a Saint Tropez


Clocher de Saint Tropez

Dans nos personnages je citais Abner Lindenbaum ce courtier en perles.

Il avait décidé d'abandonner la nationalité polonaise pour la britannique tout en s'installant à Paris, et changea son nom en ALFRED LINDON.

Il n'est autre que l'arrière grand père de l'acteur Vincent Lindon que j'ai essayé de contacter, mais qui m'a fait écrire qu'il ne souhaitait pas me répondre.
Alfred Lindon/Lindenbaum l'arriere grand père de Vincent Lindon, était négociant en diamants et il épousa Fernande Citroën la soeur d'André;.
Vincent Lindon est le petit fils de Raymond Lindon, qui participa à la création de l'état d'Israel, mais qui fut aussi un grand procureur à la libération en 1944.
 

Il a laissé un grand souvenir dans ma Normandie natale comme Maire d'Etretat , chacun sait que c'est la ville d'Arsène Lupin..., quoique!, je passais tous les jours pour me rendre à ma Joaillerie devant la maison de Maurice Leblanc qui donnait sur le square Verdrel à Rouen, Ville ou il était né.
Raymond Lindon écrivit sur Arsène en 1949 sous le pseudonyme de "Valère Catogan", normal pour un procureur, c'est l'anagramme "d'Avocat Général"
Vincent est le neveu de Jérome Lindon, directeur des éditions de minuit, il est le cousin de Matthieu Lindon .
Son beau père est Pierre Bénichou...comme quoi la joaillerie permet des rencontres.


Et enfin Léonard Rosenthal dont le merveilleux livre sur les perles fines avait été offert et dédicacé par Jacques Tharin à mon père (les professionnels comprendront)

Grand courtier en perles fines,Léonard Rosenthal était aussi promoteur immobilier et il avait acquis la parcelle de terrain sur laquelle seraient édifiées "les Arcades des Champs Elysées.

Evelyne Cohen le relate dans son livre "Paris dans l'imaginaire national dans l'entre deux guerres "





mercredi 15 septembre 2010

Cartier: L'avant Biennale des Antiquaires 2010


Rue de la Paix 12/09/2010 16Heures 

Ce 12 septembre 2010, un temps superbe, beaucoup de monde Place de l'Opéra, la place Vendôme déserte, et entre les deux , une noria de Limousines noires dépose ou reprend des passagers au "13 Rue de la Paix."
Ma femme et moi avons été invités par un des 12 grands vendeurs de la Maison Cartier. Le meilleur vendeur Olaf Van Cleef
Cartier ouvre sa boutique un dimanche pour recevoir ses grands clients du monde entier depuis Samedi.
A l'occasion de la Biennale des Antiquaires qui ouvrira mercredi 15 septembre, Cartier invitait ses clients, et une Limousine avec Chauffeur les amenaient de leur Hôtel à la Boutique.

Veuillez cliquer sur les photographies pour les agrandir

Dès le pas de la porte, un service d'ordre impressionnant, des cerbères en costume sombre, au regard attentif, reconnaissable au micro dont le fil passe du visage à l'encolure du veston. Une première présentation..., une autre personne intervient.., un premier sas, et un personnel de charme très souriant qui vous fait attendre sur un canapé, le temps que la personne qui vous a invité vous prenne en charge.
Notre guide nous fait faire une visite des bureaux du magasin, du bureau des Chefs d'états à celui de Louis Cartier. 
Les boiseries de Style louis XVI ont été rénovées en 2006 lors des travaux pharaoniques qui avaient duré une année, elles avaient déjà été revues et restaurées en 1926 et en 1937 pour mieux les accorder au goût contemporain, des vitrines Art déco avaient été conçues dans un style cubiste. La cheminée est toujours là, et sur cette cheminée, un objet rare, une pendule à gravité qui glisse le long d'une colonne sous le contrôle d'un système à crémaillère. Lorsqu'elle arrive en bas , elle est replacée à la main en haut de la colonne et par là-même remontée. (Cliquez sur l image pour l'agrandir)


Collier platine 1 diamant briolette jaune de 50.03carats 1 diamant jonquille de 5carats28, 2 diamants taille rose de 12 carats21 et 12carats02 

Nous ressortimes dans l'entrée principale du 13.
La première pièce de joaillerie m'a beaucoup impressionné , un bracelet manchette en platine , motif tête d'oiseau dont l'aile fait le tour du poignet, tout en diamant, un surprenant traitement du volume. Je dois préciser que toute les vitrines sont fermées, il n'y a pas de clef, je ne vous parlerais pas du système, sauf que l'ouverture et la fermeture ainsi que celui qui a ouvert sont enregistrés, mais lorsqu'un vendeur prend une pièce dans une vitrine , il laisse a la place un jeton numéroté , sécurité supplémentaire dans le cheminement de l'objet.
Je posais la question" Ce sont des pièces aussi belles que du temps de Louis Cartier?" j'eus comme réponse"Bien entendu les gens très riches de notre époque sont plus riches que les Rois." Et comme je venais d'admirer un collier avec un motif dragons "On revient aux motifs Dragons ?" "pensez à nos clients asiatiques et surtout Chinois"


Bague en platine, un diamant brun taille émeraude de 24 carats 31, diamants taillé en baguettes et brillants

 

Pendants d'oreille en platine, deux diamants taille briolette, 20carats72, et brillants


Ce bijou dessiné était dans une vitrine, splendide collier en platine avec 7 saphirs poires gravés pour 95carats97, boules côtelées en saphir, diamants taille baguette, mais c'est pour rappeler son importance que je présente le dessin, même si certaines des pierres ont été sélectionnées avant, tout partira du dessin. Une maquette est la plupart du temps faite après ce dessin, mais le dessin est primordial , surtout chez Cartier.


Ce magasin a été "rénové" par Sylvain et François Dubuisson en 2006, le premier avait été ouvert en 1899.

Il est difficile pour des raisons pratiques et stratégiques de montrer les ateliers ou de les faire visiter, et pourtant les clients le désireraient et au long de ma modeste carrière, mes clients adoraient venir dans l'atelier, mais pour eux c'était approcher du mystérieux de ce métier, ils aimaient aussi voir leur bijou en cours de fabrication. Souvent les ateliers sont ailleurs , Cartier a toujours eu des ateliers dans l'immeuble .
Cette coupole au centre du grand hall a été vitrée pour que les ateliers puissent être vus , je trouve cela très important. Bien entendu Cartier donne du travail à de nombreux artisans en dehors de leurs ateliers, ne serait ce que pour entretenir le savoir faire.
Ce hall était dimanche remplis de clients venus du monde entier pour voir 400 pièces d'exception, peu importe les prix, ce sont des joyaux oeuvres d'art.
Là encore j'insiste sur la sécurité, des gardes se trouvaient en bas de l escalier et ne laissaient passer que sur ordre du vendeur.

Les architectes qui ont conçu ce magasin en 2006 ont étudié les archives de la maison afin de recréer le magasin tel qu'il aurait pu être lorsque Louis Cartier s'est installé rue de la Paix à la fin du XIX°.
Là encore, en montant cette escalier , nous croisons le regard de Louis Cartier dont le portrait se trouve dans l'axe , au centre de l'étage.


Ci contre Dessin d'une pièce exposée et qui est réalisée dans les tons de vert et bleu chers à Louis et qu'il appelait son "décor de Paon"
Cette nouvelle collection utilise beaucoup la couleur.
Des opales exceptionnelles dont une superbe opale de feu de 5 à 6 cm de haut avec un volume rare et retravaillée par un glypticien qui a poli et gravé cette pierre pour rester au plus près du cristal d'origine.


Au centre de ce bijou, une opale magnifique, de grande taille, 35carats52 , elle si profonde et changeante qu'il faut avancer, reculer, la voir de droite et de gauche pour apprécier cette pierre.

Au passage un petit mot de cette pierre, le Larousse des pierres précieuses nous précise que "l'origine des couleurs a fait l'objet de maintes hypothèses, jusqu'en 1965 ou des scientifiques Australiens et Allemands mirent en évidence la structure des Opales grâce au microscope à balayage électronique" Elles sont constituées d'un assemblage de sphérules siliceuses. Lorsque ces sphérules sont de dimensions variées, l'assemblage est irrégulier et la lumière ne peut qu'y diffuser, ce qui donne l'aspect laiteux; mais lorsque les sphérules sont de dimensions identiques elles forment un empilement compact constituant en quelque sorte un macrocristal, une opale noble peut être considérée comme un objet polycristallin.
Pour simplifier l'opale est comme une confiture, une gelée de microcristaux c'est une définition personnelle qui n engage que moi

Ce collier splendide réunissait un ensemble autour de l'opale composé d'un saphir cabochon ovale, moins poire que sur le dessin, 8 diamants jaunes taillés en briolette des boules d'opale des brillants, des boules côtelées en émeraude.


Les pendants d'oreilles composés de 2 saphirs taille cabochon 10carats78, 2 diamants taille briolette 2carats1, des roses, boules cotelées émeraude, boules opale , diamants taille brillant.

Mon fils me demandait pourquoi il y avait un verre d'eau dans la vitrine.
Dans ce gel siliceux qui compose les Opales, il y a de l'eau et c'est très important, car le dessèchement possible de l'opale affecterait l'iridescence de la pierre et provoquerait des fissures et même la rupture de la pierre, il ne faut pas un climat trop sec pour ces pierres.




Opale blanche de 40.67carats saphirs violets de 10cts39 et 10carats22, 1 saphir paparadscha de 2carats 50, 1 saphir rose de 5carats 43.
2 eme collier saphir jaune coussin de 11carats14, 1 opale de 26.04carats, 1 diamant jaune poire, des boules d'émeraudes et des diamants taille brillant.

Cartier Photo © par B. Rindoff-Petroff 2010

Ce soir là un repas était offert par Cartier à ses invités et le collier en émeraudes ci-dessus était porté par l'égérie de Cartier ,il sublime e bella Monica Bellucci. Cliquez pour agrandir


Pour moi l'une des plus belles pièces, mêlant le rose de la Morganite (petite soeur rose de l'émeraude) le vert des saphirs coussin, et celui des chrysobéryls, une couleur de pêche associée à celle d'une pomme verte...un bijou de printemps, ou le rappel de bonbons acidulés qu'on aimerait gouter, l'impression que toutes les couleurs de peau peuvent porter ce bijou. un équilibre dans la dissymétrie des motifs, je n'ai pas de mots pour qualifier cette merveille.



Les pendants d'oreilles qui accompagnent ce collier

D'autres pièces paraissent plus classiques mais les détails font apparaitre une telle recherche, une telle sélection des pierres.






Mais, 400 pièces ne pouvaient s'exposer toutes, dans le magasin du 13 rue de la Paix par manque de place, alors la Maison avait choisi l'opéra comique pour y installer des vitrines, nous faire découvrir ce cadre , et le Dimanche soir y donner un merveilleuse réception ou Monica Belluci, égérie de Cartier rencontrait leurs invités.
voir sur ce site quelques photos de cette soirée , la façade de l'Opéra comique décoré par des lasers, Monica, Les invités!!!
http://www.purepeople.com/media/la-soiree-cartier-a-l-opera-comique_m473302

Donc accompagné de notre guide nous nous retrouvons sur le trottoir ou nous sommes invités a monter dans une magnifique et longue "Mercédes" avec un chauffeur qui nous conduisit à l'Opéra Comique, par l'Opéra Garnier et les boulevards. De nouveau, une fois les portes ouvertes par des grooms en noir et rouge, il fallut montrer patte blanche pour pouvoir rentrer.



Un saphir rond gravé de 60carats 89, les griffes qui sont serties de diamants, une première collerette de diamants taille brillant, le tout sur or gris car c'est une bague, et le platine est trop mou pour le corps d'une bague.
Ce n'est pas un saphir ayant appartenu à un Maharadjha, mais un cabochon que Cartier a fait graver.

J'avais amené mon Nikon , mais comment prendre des photographies avec le monde qui était là, des personnalités qui ne désirent surement pas être photographiées entrain d'acheter ces merveilles et elles se vendaient, a observer les vitrines, car lorsqu'une pièce était vendue Samedi ou Dimanche, un cachet de cire rouge avec les deux C entrelacés se trouvait à sa place.


C'est pourquoi cette photographie d'un salon de l'opéra comique est vide de personnages, par discrétion pour les invités, mais essayer d'imaginer les vitrines dans les grands salons, certaines dames en robe longue, et par une porte entrouverte, les acheteurs, les vendeurs, les gardiens de ces trésors assis à des tables installées pour l'occasion.




Un très beau dessin, je vous invite à observer la technique du dessin de bijou, c'est d'abord, d'ou vient la lumière imaginaire? sur celui ci, c'est en haut a droite, c'est le pourquoi des petits points de gouache blanche qui vont faire une grande partie du relief et puis a droite de l'émeraude gravée , quelques touches de gris, quelques traits noirs vont donner du volume.


Regardez les point de lumières sur le bijou, ils correspondent au dessin.


Entre temps sont passés par là et surtout sur ce bijou, le glypticien qui va graver cette émeraude de 77carts30, les joailliers, puis dans un premier temps les polisseuses, retour de l'objet vers les sertisseurs, reprise du polissage; les enfileuses(eurs) vont passer ces boules d'émeraudes sur leurs fils, un long travail permis par la longue expérience de ces artisans, de ces ouvriers hors du commun.



Mais Cartier ce ne sont pas que des bagues, bracelets et colliers, ce sont aussi les objets, et à l'Opéra comique, je ne sais plus si c'était au premier étage ou au deuxième qu'étaient exposés deux pendulettes dont une "Mystérieuse" en or gris, cristal de roche, agate grise et diamants taille brillant.

Cet ensemble de bureau en or gris avec une Serpentine gravée, du corail, de l'onyx, des diamants; Un stylo en or gris et laque noire (était ce un Mont blanc du même groupe que Cartier, le groupe Richemont?)



Il y avait aussi de grandes coupes en Calcédoine ou en agate rubannée avec des motifs joaillerie, pour l'une d'entre elles, ce motif comportait 1 saphir taille cabochon de 14 carats 25, du cristal de roche, cornaline , onyx et diamants.

Le tout était exposé avec un éclairage soigné mettant en valeur les bijoux et les objets.
Alors que la veille j'étais abattu, déçu au musée des arts décoratifs par la pièce d'exposition des bijoux historiques, une lubie de nos haut fonctionnaires et conservateurs qui détruit la qualité des pièces exposées, une pièce noire, de petits spots mal dirigés, des légendes a 50 cm du sol, dans la pénombre ou dans le noir, c'est scandaleux, car c'est raté et de plus on a fait sponsoriser cette horreur par "Rolex" qui aurait du refuser. Ce sont les bijoux qui doivent être mis en valeur,  Les conservateurs de musée ont des lubies, assistés de cabinets conseils aux idées proches du farfelu.

Excusez moi du peu, mais cela renforce pour moi le sérieux de nos grands joailliers, qui savent éclairer, illuminer l'immense travail et les connaissances de tous les acteurs participants à la création de ces chefs d oeuvres.



Une dernière pièce (sur 400) un collier en platine, diamants taillés en brillant, boules de diamant bruns, onyx , perles de cultures et émeraudes pour les yeux, entourent une tête de panthère en bois silicifié. Un "bois" de 70 millions d'année devenu pierre.
Travail de Philippe Nicolas, glypticien, au long parcours d'étude, si je puis dire, un homme qui a fait "Boulle" puis les Beaux Arts.
Dans un interview il a résumé ce que pensent beaucoup de professionnels et je l'en remercie.

"La transmission de métiers ou le travail sur une pièce peut durer jusqu'à deux ans et demi se heurte aux critères de réussite de notre époque"
Cet homme comme nombre de ceux qui ont fabriqués ces objets exposés a hérité d'un patrimoine et le retransmet a des élèves c'est l'accomplissement de sa vie, c'est l'accomplissement d'une vie.
Mais nous avons besoin d'eux, Cartier et les autres Joailliers ont besoin d'eux mais peu de grandes maisons les utilisent.
C'est toute la politique que Alain Dominique Perrin avait developpé , un grand merci aux femmes et aux hommes du "13 rue de la Paix"



La visite est terminée à l'Opéra comique, nous redescendons l'escalier traversons la cour d'entrée, retrouvons le chauffeur et la limousine qui nous ramènent rue de la Paix.

Après midi d'exception , merci aux photographes, aux dessinateurs je les cite:
Jean Larivière, Nils Hermann, thierry Matty, Ulf Sjostedt/Getty images, Massimo Pessina, Alessandro Mendini, Laila Pozzo, vinceny Wulveryck, Agence Bulloz, Gérard Blot/alinari, Lisa larsen, Otto Rodge/Corbis, studio photo Gérard, philippe Gontier, Gilbert Nencioli