lundi 28 décembre 2009

Van Cleef & Arpels: Louis Arpels!



Ci-dessus, un extrait du troisième tome "Tempes Grises" de la suite "Ma Route et mes chansons" de Maurice Chevalier
Etait-ce aussi dramatique que ce qui y est écrit?, je ne le pense pas, mais nous savons peu de choses de Louis Arpels.
Louis Leon(ou Lion) fils de Salomon Leon (ou Lion) et de Thérèse  Mayer est né à Nancy le 22/8/1886, les dates divergent sur son entrée dans la société VCA, personnellement je crois que c'est en 1921.
Le 11 juillet 1940, Pétain, prend le titre de "Chef de l'Etat Français" et alors que sa nièce Renée Rachel Van Cleef, croyant en la protection de Josée Laval, la fille de Pierre Laval, se rend en leur sucurssale de Vichy, Louis Arpels fait le choix de fuir vers New York, via Rio de Janeiro.



Salomon (dit Charles) Louis et Hélène  Arpels,(Née Ostrowsky en 1907 à Monaco) arrivent à New York à bord du paquebot "SS URUGUAY"le 21 Aout 1940.
Non à fond de cale, mais en passagers de première classe, comme vous pouvez le vérifier sur ce document en cliquant dessus pour l'agrandir. En 1929 Louis et Claude Arpels, rejoints pas Jules et Léa Arpels qui avaient voyagé sur le "SS Berengaria" parti de Cherbourg le 11/10/1929 pour arriver a New York le 19/10/1929, étaient venus pour tenter une installation de la maison VCA à New York.
                         Ils ouvrent un point de vente le jour ou on annonce le Krach de Wall Street , des centaines de PDG se jettent des grattes ciels. Retour a Paris.
Sauf Claude qui s'inscrit à Harvard sous le nom de Claude Léon Arpels.
Est ce à ce moment que Claude prend conscience de son intéret pour ce pays neuf ?, il s'installe.
                         En 1934 Louis qui était surtout un commercial, donnera son nom au bracelet "Ludo"  car en famille on l'appelait "Ludovic" mais a part cela  je n'ai pas trouvé d'indications d'un intérêt pour le métier de pur Joaillier .
En 1936 Louis est de tous les évènements mondains , quoi de plus normal pour un grand joaillier



C'est en 1939 que Louis et son frère Jules se rendent à New York  à bord du "Queen Mary" pour représenter leur maison au Pavillon Français de l'exposition internationale de New York.
Salomon (dit Charles) Arpels avait organisé la délégation au salon de  l'expo pour la délégation Française, ce qui lui avait valu la légion d'honneur.
En 1939, Claude, sous couvert de VCA Paris, ouvre un bureau de vente au 36eme étage du Rockfeller Center, les affaires se développant Louis a rejoint Claude qui ouvre un magasin, succursale de Paris, sur la 5eme avenue à New York. A son Arrivée Louis et la belle Hélène sont logés à l'hotel "Madison" 62 madison Avenue près du Madison Square Park en plein Manhattan, pour l époque c'est loin d'être un hotel pour immigrants fauchés.                         Louis a déclaré travailler chez Van Cleef et Arpels 744 sur la 5 eme avenue àNY.                                  Donc le texte de Maurice Chevalier est à prendre avec réserves, non pour  l'écrit  de Maurice Chevalier, mais pour les déclarations qui lui ont été  faites par Louis Arpels.
Quant au magasin, il était déjà installé depuis un an et Louis émargeait 5 eme avenue.  Mais vous pouvez penser qu'allant à contre courant de l'histoire officielle je tiens ces informations de source douteuse, mais je ne fais que tirer des informations de papiers officiels.
Ainsi pour l'hotel!     



  Louis demanda sa naturalisation aux Etats unis et en 1942  Jules et Louis dirigent la branche américaine de VCA.
Alors que Claude, Jacques, Pierre devinrent gérant associés de VCA France fin 1944, Louis ne fut gérant associé que le 4-6-1952!

Hélène est plus connue aux Etats Unis que son Mari.
 

Hélène Arpels était Mannequin et déjà célèbre avant que Louis ne fit sa connaissance.
A partir de 1927 ou  Hélène est prise en Photographie à Deauville comme mannequin, et jusqu'à la guerre, quelques femmes faisaient la mode , gagnaient tous les concours d'élégance et focalisaient l'attention des magazines.
Hélène était de celles là au même titre que Mme Robert Revel ou que Mme Eduardo Martinez de Hoz.
 Il n'y a pas à dire.!!. Hélene Ostrowska photographiée ici a Chantilly était une Jolie femme ayant beaucoup d'allure.



 A ses débuts en tant que mannequin à la fin des années 20, elle avait une amie qui travaillait avec elle, Marie Tchernycheff, qui pendant la guerre rendra service à Hélène et a son mari.
Cyril Eder raconte l histoire dans son passionnant livre "Les Comtesses de la Gestapo", Marie fut présentée par un  Officier Allemand à Henri Chamberlain, plus connu sous le nom de Henri Laffont qui fut le chef de la Gestapo Française avec son ami Bonny.
La Gestapo française était installée dans la "Carlingue" Rue Lauriston.
Cyril Eder nous raconte que cette brute était tellement assoiffé de reconnaissance sociale qu'après avoir obtenu la nationalité Allemande en 1941 et le grade de capitaine dans l armée, il avait fait le tour des cabarets parisiens en uniforme allemand, se couvrant ainsi de ridicule.
Marie Tchernycheff, l amie de Hélène Arpels était la maitresse d'Henri Laffont mais elle commença à recevoir par la poste des menaces de mort et des petits cercueils, la Werhmatch commençant à reculer à l'est elle fit comme Juanovici et se découvrit une âme de résistante.
Elle se souvint qu'avant guerre, elle avait une amie Hélène Ostrowska ancien mannequin comme elle , mais qui avait épousé un joaillier de 19 ans de plus qu'elle, Louis Arpels.
Hélène Arpels à Longchamp en 1939 avec le collier Passe Partout 
Louis Arpels avait réussi a passer en Zone libre pour rejoindre ses frères.
Leur appartement de l'avenue Foch avait été homologué  comme bien juif et attribué au marquis de Wiet qui n'était pas marquis d'ailleurs, quand à la marquise c'était une ancienne coiffeuse.
L'appartement n'aurait pas du lui être confisqué puisqu'Hélène n'était pas juive, ce qui n empêcha pas  Lafont de menacer son avocat de déportation.
Hélène Arpels devint gênante pour beaucoup et sa présence n'était plus souhaitable à Paris.
La comtesse Marie Tchernycheff l'ayant appris la recueillit chez elle puis la fit passer en Espagne (au prix fort) et Hélène Arpels put se rendre au Portugal pour prendre le bateau .
Mais la Comtesse fut dénoncée et les ennuis commencèrent pour elle

 Hélène Arpels portait magnifiquement les bijoux de Van Cleef , mais aussi ceux de Cartier ou Tiffany dont la plupart furent vendus en 2006 chez Christie's.



Elle fut classée parmi les 10 femmes les plus élégantes du monde.
En 1954 d'après le "Time Magazine" Louis et Hélène se déchirèrent devant un juge pour leur divorce. Hélène raconta au tribunal leur vie de couple, elle se plaignit que Louis Arpels, autrefois un homme élégant et raffiné "un bijou de 24 carats", offrait désormais ses bijoux à une autre.
L' "Autre" une simple chanteuse de cabaret nommée Juliana Larson.   Hélène déclara au Juge que Louis lui avait "annoncé que le peu de temps qu'il lui restait a vivre , il voulait le passer avec Juliana".                                                            Peu de temps après, en fouillant les poches de Louis, elle découvrit une lettre à "Lulu" leur fille "Lulu mon Ange, mon adorée" signée, "J" ?.   Lulu pressentie plus tard pour être la marraine de Marine Le Pen; Hélène réclama la séparation et 2500 $ de pension alimentaire  à vie                 
Le peu de temps à vivre de Louis Arpels dura 22 ans                                       Hélène créa un magasin de Chaussure chic et mode au 665 de l'avenue Madison (60 eme Rue) elle y vendait aussi des foulards, des étoles en mousseline de soie de Pierre Cardin....; et eut rapidement du succès grâce a son réseau d'amis.





Rose Kennedy, Jackie Kennedy, Gloria Guiness, la Begum Aga Khan , tant d'autres, elle fut aussi fréquemment invitée à la Maison Blanche sous Kennedy et Reagan.

Louis mourut en 1976 
                                            

 Les photos de Madame Arpels sont tirées du livre  "Elégance"
The Seeberger Brothers and the birth of fashion photography
 Par Sylvie Aubenas,  Virginie Chardin, Xavier Demange.
Vous ne le trouverez plus en librairie, mais essayez sur Amazon

Si vous allez à New York essayer l Hotel Madison:
madisonatpark@aol.com                               

lundi 21 décembre 2009

Ils ont dit du Bijou : MICHEL AUDIARD


"Si les femmes s'occupaient de savoir d'oû vient l' argent qu'elles dépensent, les bijoutiers fermeraient boutique"

Film "Massacres en dentelle"

C'est de Michel Audiard né en 1920 décédé en 1985 !
C'était un dialoguiste de génie, de génie Français , car beaucoup de ses traits d'humour sont intraduisibles.
Il avait son certificat d'étude et un diplôme d'opticien, devenu Dialoguiste grâce au metteur en scène André Hunebelle, il avait déjà réalisé 55 films lorsqu'il fait dire a un des personnage des "Tontons Flingueurs"
"Quand on mettra les cons sur orbite, t'as pas fini de tourner"

jeudi 10 décembre 2009

Alfred VAN CLEEF et Esther ARPELS au cabaret TABARIN

Une photo que j'ai trouvé sur le site Genpals, un très beau site généalogique
http://www.genpals.co.uk/



Une photo D'Alfred Van Cleef avec Esther Arpels (à gauche) , Henri Cohen et Rachel Levi.(A droite)
Cette photographie est intéressante la date est postérieure a 1904, et antérieure à 1935.
Elle a été prise au Bal Tabarin, un célèbre Cabaret de Paris qui a ouvert en 1904, un rival du Moulin Rouge. Le Patron Auguste Bosch y organisait toutes sortes de spectacles, des combats de boxes féminins, des bals costumés le tout dans un décor art nouveau .
Esther et Rachel ont une fleur dans les cheveux, Henri et Alfred sont en queue de pie, haut de forme et gilet, peut être était ce a l'occasion du mariage de Rachel et Henri en 1908? Un grand Joaillier en toute simplicité, le marketing historique n'était pas encore inventé.
Le tabarin a ouvert en 1904 mais Henri est mort en 1935.
Le Tabarin accueillit la troupe du moulin Rouge après l'incendie qui le détruisit en 1912 , il ne rouvrit qu'en 1915, le Tabarin était a son Zénith.
De grandes vedettes y passaient comme Edith Piaf qui lança Yves Montand au Tabarin, même mon homonyme Jean Richard y fit ses débuts, Les Allemands pendant la guerre aimaient beaucoup le Tabarin.
Le tabarin a fermé en 1953, et en 1966 , un grand spectacle fut organisé avant sa démolition.
"Cinq colonnes à la une" avait réalisé un reportage la veille de sa démolition
Allez sur ce lien de l'INA:
lhttp://www.ina.fr/art-et-culture/arts-du-spectacle/video/CAF90036664/tabarin.fr.html
A sa place fut édifié un supermarché
Un film est sorti aussi sur le Tabarin , avec Michel Piccoli.

samedi 5 décembre 2009

Tourmaline de PARAÏBA


 Sotheby's a vendu à New York  cette très belle Tourmaline, un vert indéfinissable qui n'appartient qu'aux tourmalines de Paraïba. 

Il y a de grandes chances qu'elle vienne de la mine de Balthaïa, mais est elle bleu électrique ou verte claire?
Heitor Dimas Barbosa pourrait peut être nous le dire?, c'est Heitor qui depuis très longtemps recherchait des "filons" de tourmaline dans la pegmatite du brésil,en aout 1987 après plusieurs années de recherches menées par Heitor et son équipe , dans une mine reputée pour ses tourmalines vertes furent trouvées dans une pegmatite des cristaux d'un bleus electrique,  et c'est en 1989 que l'equipe D'Heitor sortit les premiers beaux cristaux de "Paraïba".
La tourmaline , ainsi appelée par les Cinghalais, "Turamali". En France on l'a nommée un certain temps  "l'aimant de Ceylan"
C'est une pierre précieuse extrêmement intéressante car elle peut posséder toutes les couleurs de l'arc en ciel.
Toutefois il manquait dans la gamme de couleurs de la tourmaline la couleur proche de celle de la turquoise , bleu vert clair indéfinissable.
Heitor, en découvrant la Paraïba complèta l 'arc en ciel.
La couleur des autres tourmalines est obtenue par la présence de fer, de manganèse de chrome et de vanadium
tel que vous pouvez le voir sur ce cliché de Palagems.com
Mais pour la Paraïba c'est le cuivre  qui lui donne cette couleur exceptionnelle qui peut la faire aller du vert émeraude au bleu ou du rouge foncé au pourpre.
Les tourmalines ont un dichroïsme intense et il est courant lorsque vous en observez une de voir au dichroscope une fenêtre quasiment blanche, et une, noire.  Elle est a un bon indice de réfraction et une dureté  voisine du quartz, mais avec une résistance au clivage importante, ce qui en fait une pierre facile a tailler
Comme beaucoup de pierres précieuses, il faut un chauffage naturel et légal pour les embellir, un bon lapidaire arrivera a éliminer le rouge pour ne garder que le vert
tourmaline  brute verte dans sa gangue.

jeudi 26 novembre 2009

Spoonmaker, ou Piggot: Le diamant brisé!

Un des plus gros diamant découvert a ce jour se trouve au musée de Topkapi.

Il est présenté dans l'inventaire du musée comme étant le "Spoonmaker"  et cet inventaire dit que c'est la même pierre que le "Piggot" historiquement célèbre, ayant eu une existence agitée.

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Ce diamant en forme de poire, pesant 85,8 carats, est entouré de diamants tailles anciennes.Il aurait été trouvé dans une décharge par un pêcheur turc, qui le vendit à un dinandier en échange de trois cuillers.D'ou son nom.
Il est possible que ce diamant soit le Turquie II, mentionné pour la dernière fois en 1882, comme faisant partie des joyaux de la Couronne de l’Empire ottoman. 
Ce qui me fit douter en premier, c'est la relecture d'un livre ancien acheté il y a quelques années:
Diamants et pierres précieuses, par Louis DIEULAFAIT (Si en plus Dieu est avec nous!!!)
Ce livre (page 101) dit
"Un autre diamant connu est le "Piggot" qui fut rapporté des Indes par le comte de ce nom; son poids est de 81 I/4  carats . Il fut mis en loterie en 1801 pour la somme de 750000 frs, plus tard il devint la propriété du Pacha d'Egypte qui le paya la même somme, on ne sait quel est aujourd'hui son possesseur."

Ce live date de 1874 et ce diamant le "Pigott" est de taille ovale avec pour l'époque une grande table.
Mis en loterie voulait dire une nouvelle manière de vente, la vente aux Enchères, et la vente avait eu lieu chez "Christies" Voici l'annonce de cette vente en 1802.
Cliquer sur l'image pour agrandir

--> Il aurait été rapporté des Indes par un officier d'origine Française  ( passé à l'ennemi Anglais) qui l’aurait possédé pendant quelque temps. 
En 1818, le Pigott est en possession d’Ali Pacha, alors gouverneur d’Albanie. Cet Ali Pacha était un tyran


Le "Livre du lapidaire du quatorzième siècle le cite:
Ainsi que le traité complet des pierres précieuses....de Charles Barbot


Il est vrai qu'un livre seulement le donne comme pesant la moitié .
Mais deux intermédiaires en firent une description précise pour l'époque
Et on parle d'une pierre Ovale , pas d'une poire.

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Its form is of a perfect oval about one and a quarter inches [31.75mm] in length by three-quarters of an inch [19.05 mm] broad. The water of it is of the most pure description and there is but only one imperfection in it and that does not interfere in the least with either its colour or brilliancy and must indeed be pointed out before it can be discerned. The defect alluded to is a very small red foul (so called by Jewellers) very near the girdle or edge of the diamond. The weight of this most beautiful Jem is 187 ½ gr.

Ceci fait que je préfère une autre histoire qui me parait plus proche de la vérité.
Les diamants célébres ou importants par leur poids et taille ont eu toutes sortes d'aventures, volés , démontés, revendus, retaillés  mais un seul aurait été brisé volontairement , "le Piggot" 
Il aurait été donné par un Prince Indien à Georges Pigot le gouverneur Anglais de Madras. A sa mort, il aurait été vendu en 1777, puis après quelques aventures dont cette fameuse vente Loterie de Christie's  à Pall Mall, Ali le Pacha de Ioannina (Epire) surnommé le Lion de Ioannina en fit l'acquisition.



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Bien qu'éloignée de la Turquie actuelle, Ioanina est la ville grecque la plus marquée par 500 ans de domination ottomane. Le nom d'Ali Pacha est en particulier indissociable de la cite : Ce tyran était très cruel et finit par inquiéter ses propres compatriotes.
De Grèce , il tenta d'échapper à la tutelle du Sultan de Constantinople(après avoir demandé le soutien de Napoléon) qui vint l'assiéger en 1820
Après deux années de Siège , Ali le Pacha le 5 février 1822 ordonna a son aide de camp ,  Mr Anglas, de détruire les deux choses auxquelles ils tenait le plus:
 Son Epouse chrétienne "Vassilika" et son diamant.

Ordre de le broyer





Il parait qu'il a vu la destruction de ce diamant.
Fut il réellement détruit tel que Jean Paul Poirot(notre éminent ancien directeur du service public du controle des diamants ,  de la CCI à paris) pose la question?
En revanche il mourut avant que sa femme ne soit assassinée et l'aide de camp lui laissa la vie.

J'espère que cet article alimentera une petite polémique afin de comprendre la différence entre ces deux diamants qu'on nous présente à Istambul  comme étant le même.

dimanche 15 novembre 2009

PUBLICITE: Van Cleef et Arpels innovent .VENTE SANS TVA

Certains croient avoir inventé les ventes sans TVA?
Van Cleef et Arpels l'ont fait avant, dans les années 20







Luc Rémi Paniagueg  signalait sur son blog a propos de Rachel Puissant/Van Cleef:


"elle est tombé amoureuse d'un lieutenant, Emile Puissant. Elle l'avait épousé, il était rentré dans la société, y faisait adopter des techniques de ventes révolutionnaires. Ainsi, une semaine était consacrée à la vente de bijoux à prix promotionnels, et des files se formaient devant la colonne Vendôme, ce qui irritait fort les autres joailliers".

 J'ai lu cet extrait au mois d'avril, j'ai fini par trouver un florilège de ces "réclames"
 

 Cliquez pour agrandir  Publicité de 1918






"Pour un bijou, , la garantie que donne un nom célèbre, Van Cleef et Arpels est une sécurité incontestable"

Voilà les prémices du célèbre:
"Il est des signatures auxquelles on tient"

 

N'oubliez pas de cliquer pour agrandir les images: Le Figaro 1922


"Les Artistes Joailliers de la Place Vendôme "
Publicité de 1920 Le Figaro







Journal "La Rampe" 1921 

Les bijoux de la vente  mis en vente seront exclusivement réservés à la clientèle particulière
 Sous entendu qu'à ce prix là les confrères seraient capables de venir acheter!!!


   Journal la rampe 1917
















 Publicité de 1925 on ne parle plus de Dinard














Les potins de Paris en 1927


Déjà  les "peoples",.....  mais  il n'est pas étonnant que les confrères de la Place Vendôme aient vu tout cela d'un mauvais oeil.
Pas très classe toutes ces opérations de soldes déguisées, et puis casser les prix en Décembre, le prestige en prenait un coup. 

  




Cela n'a pas disparu, mais de nos jours, on organise des ventes de charité au profit d'une association.

On refile les nanars (évidemment) parce qu'un grand nom de la Joaillerie ne peut "solder" cela détruit l'image de placement, donc il est organisé de grandes ventes en hôtels célèbres parisiens , ou des lieux chics en province.
On déplace du personnel, le week end , on ajoute les frais d'hôtel et de publicité, le restaurant, on le décompte de la vente , et c'est ce qui reste  qui va aux bonnes oeuvres concernées.
Si le directeur local de la Croix jaune ou du cancre a filé des adresses de gens potentiellement clients, il aura droit à une montre de la marque et une pour le Maire s'il autorise a ajouter son nom sur les cartons d'invitation.









Déjà on se battait en 1935, pour les brevets, les exclusivités, car apparemment ce n'etait pas une invention de Van Cleef mais des frères Rubel, qui ont beaucoup travaillé pour Van Cleef étant même partis aux états unis pendant la guerre avec les Arpels.
Ou ci dessous contre Kirby Beard


                                          





 

lundi 9 novembre 2009

La tombe d'ALFRED VAN CLEEF et de RACHEL PUISSANT


Déjà huit mois que j'écris cette Saga des Van Cleef et Arpels.

Depuis le mois d'avril , avec un ami, nous essayons de découvrir l'histoire de la maison V.C.A.
Nous  avons recueilli quantités d'informations (des centaines de mails) mais nous cherchions toujours ou était enterré le fondateur Alfred van Cleef et sa fille  Rachel (dite Renée) Puissant. J'ai cherché dans les articles de presse de l'époque et surtout dans le Figaro, car ils n'annoncent pas que les fiançailles et les mariages des BCBG. Enfin un article!


Il suffisait de consulter Wikipédia il y a encore cinq jours , il était noté qu'il était enterré dans le midi, sans plus de précisions.
Il nous a fallu remonter vers d'autres sources , ainsi nous savions par l'acte de décès de Rachel Puissant/Van Cleef que sa maman habitait  pendant la guerre à l'hotel Carlton à Cannes mais l'état civil de la ville de Cannes me répondit qu'aucun Van Cleef ou Arpels ou Puissant n'était décédé ou enterré à Cannes.
            De même en recherchant la tombe d'Emile Puissant le mari de Rachel, la fille du fondateur de Van Cleef et Arpels sur Monaco ou Nice, je n'obtenais pas de résultats , bien que je sache qu'il était mort dans un accident automobile à l'entrée de Monaco.
La SOMOTHA ( société monégasque de thanatologieà Monaco) toutefois me rappelait pour me préciser que le corps de Mr Emile Puissant avait été transporté à Dangu, sa ville natale dans le département de l'Eure.
J'avais grâce au Bottin Mondain de 1937 découvert que Alfred Van Cleef possédait un Chateau "la Minaudière" à Flins sur Seine, et peut être y était il enterré?

La gentillesse du personnel de la Ville de Flins nous permit d'apprendre qu'Alfred n'était pas mort à son domicile Parisien Rue de Villaret, près de l'Arc de Triomphe , mais à Flins sur Seine, et que le corps avait été transporté à Nice.
L'acte de décès nous précisait qu'il était décédé à "La Minaudière" à Flins sur Seine, mais ou était il enterré?, même si au vu du nom et adresse de l'entreprise de pompes funèbres domiciliée a Paris, je commençais par ecrire à Paris, ville qui ne donne pas de renseignements si vous n'êtes pas de la famille. J'ai épluché les journaux, mais aucune précision.

J'avais déjà écrit à Nice , mais sans succès, pourtant en feuilletant la presse!



j'écrivis à nouveau directement au Maire de Nice, Monsieur Christian Estrosi et la réponse me revint rapidement. Je remercie Monsieur le Maire de son intervention.

Monsieur,
Pour faire suite a votre demande de renseignements, je porte à votre connaissance que M VAN CLEEF et sa fille Rachel PUISSANT sont tous les deux inhumés dans une concession à perpetuité au cimetière du Chateau Israelite, concession familiale VAN CLEEF n° 26.


Je demandais alors par e-mail à un lapidaire en pierres précieuses niçois, très connu dans la profession Monsieur Frédiani, s'il pouvait me rendre le service d'aller au cimetière pour vérifier et photographier la tombe, ce qu'il fit . Parallèlement une autre personne intéressée a ce dossier m'adressait lui aussi deux photographies.




Cliquez sur les photos pour agrandir
L'un des cimetières les plus beaux de France comme tous les cimetières marins.
C'est dans ce Caveau que sont enterrés 
Alfred et Renée Rachel Van Cleef.

Si vous avez lu mon chapitre précédent qui traitait des Grands experts vis a vis de  Renée/ Rachel Puissant,
vous avez lu que Renée/Rachel était morte à Vichy dans une telle solitude qu'elle avait été mise à la fosse commune après qu'elle se soit "suicidée" le lendemain de l'entrée des allemands en Zone Libre le 12/12/1942.
En 1946, une fois la succession réglée  sa mère a donc fait transporter le corps dans le caveau familial.


Car vous le voyez ci-contre , il est inscrit au fronton
FAMILLE  A . VAN CLEEF.


Esther Van Cleef décédée en 1960, femme d'Alfred et Mère de Renée/Rachel est enterrée au carré juif de Montparnasse à Paris dans le caveau Arpels et non dans le caveau familial.
On pourrait penser que ses dernières volontés n'ont pas été respectées, mais peut être faut il chercher ailleurs.

Alfred depuis un certain temps vivait entre Nice et Paris, il aimait Nice, d'autres Van Cleef y vivaient, c'est lui aussi qui  avait conseillé à Eduard Van Cleef de venir habiter à Nice avec Magda Christina.

C'est Alfred qui avait présenté Magda à Eduard. Dès leur Mariage en 1925 Eduard vivait deux mois par an à Nice, puis plus tard en 1935 Eduard et Magda s'installèrent définitivement rue d'Angleterre.
Renée/Rachel vécut à Nice, elle jouait au tennis avec Magda et c'est Magda qui appelait Rachel," Nanette."
Cette fameuse Nanette Puissant dont on parle dans le livre "Femmes dans la guerre"
On dit aussi qu'Alfred aurait eu deux autres enfants à Nice , et que Rachel avait eu comme amie Nancy Cunard de la Cunard Line, puis Peggy Gugenheim, et surtout qu'elle était l'amie de Josée Laval la fille de Pierre Laval, le chef du gouvernement de Pétain, il fut fusillé le 15/10/1945 à Fresnes
Est ce pour ces raisons qu'Esther et Rachel ne s'entendaient pas? .
Esther était surement tiraillée entre sa famille, la  vie trépidante de son mari, les amitiés de sa fille, et les Arpels,  c'est peut être pour cela qu'elle fut enterrée a Montparnasse et non dans le caveau familial.

La tombe aux dires d'un témoin semble ne pas avoir été ouverte ou visitée depuis longtemps.
Le monument est en bon état à part de la rouille sur le bas de porte, mais en agrandissant la photographie , on voit qu'il y avait de la vigne vierge et que la pierre a été nettoyée.
Pour nous, une énigme de résolue, il en reste peut être encore à découvrir.

dimanche 25 octobre 2009

Collier d'Esclavage

"De s'y mettre en ménage, ce n'est qu'un trépas certain....penser à son ouvrage.
Adieu plaisirs, adieu beau temps, je suis dans l'esclavage"
Texte d'une chanson de mariage du Poitou.







Le collier d'esclavage,en or, était au XIX° siècle, le plus beau cadeau qu'un mari puisse faire à sa jeune épouse, sous l'empire ou la Restauration.
Il est généralement composé de plusieurs chaines en feston, reliées généralement a trois médaillons ovales, rectangulaires, émaillés ou pas.
On offrait ce type de Collier à Paris et dans certaines provinces, en Bresse, en Auvergne, et surtout en Normandie ou j'ai eu la chance d'en réparer beaucoup, et de faire comprendre à des gens qu'ils ne fallait pas les fondre, car ils étaient en plus de leur beauté, typiques d'une époque. J'en ai vu certains ou les plaques d'or étaient remplacées par de la Cornaline, il en aurait existé avec des Camées ou des micro-mosaiques.
Celui  ci-contre a été poinçonné en Normandie, son poinçon est une tête de coq à droite , bec fermé, petite garantie, département , situe sa date de fabrication entre 1809 et 1819. 
Il y a également un poinçon Hibou (répété 24 fois) avec différent du bureau de Rouen. Il n'y a qu'une partie du poinçon de maître qui est lisible (losange avec une lettre F  en haut)
Il n'a qu'une seule plaque, histoire de faire mentir ce que j'écrivais plus haut.
Sa plaque est repercée, Deux des chaînes sont émaillées en bleu.
(Signalé dans le livre Naître Vivre et mourir en Normandie au siècle dernier N° 143 Martainville  1991/1992)


Cliquer pour agrandir toutes les images

Certains sont exposés au Musée de Martainville à coté de Rouen et a 120 km de Paris, c'est une occasion que de visiter ce très beau Musée départemental des traditions et arts normands, situé dans un joli château .







Ces colliers étaient très légers, celui ci-contre a droite, pesait huit grammes, de nombreux colliers étaient assemblés avec des chaînes "Jaseron" , la plupart avaient des fermoirs simples comme celui ci. Encore, que j'en ai vu avec de beaux fermoirs cliquets, forme plate ou ronde et souvent tonneaux à pans.
Vu son poinçon , il est postérieur à 1838. Il y en eut de fabriqués avant 1800 puisque Brigitte Bouret nous signale que dans l'inventaire des bijoux de la Comtesse du Barry, un collier d'esclave est noté volé.
Au début, il se fabriquait deux types de colliers, plusieurs chaînes dont le fermoir fantaisie est l'unique décor, ou une plaque centrale retenue par plusieurs chaînes. J'en ai vu qui dissimulaient un fermoir cliquet dans la plaque centrale.
Selon une tradition orale Normande, à chaque  naissance, la mère faisait ajouter une chaîne supplémentaire.
Vers 1866 un lecteur de la Revue intermédiaire des chercheurs et des curieux ( qui existait encore récemment), en réponse a une question, écrivait: "Les paysans des environs de Rouen quand ils étaient accordés et avant mariage ne manquaient jamais d'aller à Joyaux chez quelques uns des orfèvres de la place Notre Dame. La principale pièce acquise pour la mariée avec la grande croix en métal repoussé était un esclavage, c'est a dire une chaîne d'or signe de la condition de l'épouse"
Est ce la raison, est ce que la femme était symboliquement enchaînée, ou tout simplement; d'être enchaînes l'un à l'autre dans un couple comme les esclaves?



Ce texte est dans l encyclopédie de Diderot

Dictionnaire Turc Français de 1837 A l usage des agents diplomatiques. Donc a l'époque l'esclavage se pratiquait en Turquie.





Celui ci provient d'une collection particulière, et a été présenté lors d'une exposition à la Malmaison sur les bijoux des deux Empires. Époque (grâce au poinçon) 1809-1819 or gravé et émaillé)
Paris et la Normandie utilisaient surtout les plaques ovales, les plaques rectangles sont rares.

Pour la fabrication, la plupart des Bijoutiers Orfèvres de
l' époque,  achetaient leurs chaînes au mètre chez des fournisseurs Parisiens( déjà) et ils donnaient le choix à leurs clients, avant de les assembler.
Les motifs étaient la plupart du temps "estampés", c'est à dire l'action de repousser dans une empreinte, ou une matrice gravée ou décorée en creux par frappe ou par compression d'une contrepartie, un métal plus mou sur son envers, pour obtenir à l'endroit, un motif en relief. Généralement la matrice mâle et femelle étaient gravées dans l'acier et  les motifs intégraient le creux qui permettrait d'émailler en fin de travail.






Le vendeur Hollandais de ce collier d'esclavage vend aussi des 
médailles d'amour Augis et il signale bien que les pierres de couleur sont synthétiques, ce  qui a toujours été le cas pour ces médailles d'amour marquées du  +  qu'hier et - que demain mais beaucoup omettent de l'indiquer
J'en parlais hier avec mon marchand de journaux, aux Angles près d'Avignon, il me répondit du tac au tac "Rosemonde Gérard" Il connaissait le poème de Rosemonde Gérard qu'il avait appris à l'école, il m'a épaté.
Rosemonde était la femme d'Edmond Rostand, je ne vous en dis pas plus, j'ai traité le sujet il y a quelques mois:
http://richardjeanjacques.blogspot.com/2009/02/plus-quhier-et-moins-que-demain.html


Ce dernier collier est aussi un collier d'Esclave , mais j'ajouterais ....un vrai.

C'est encore un site interessant:
http://atlanticportal.hil.unb.ca/acva/blackloyalists/fr/

Madame Conrad qui tient une chaire de recherche au Canada en études du canada atlantique  est l'animatrice d'un projet que vous retrouverez sur ce site? Voir la galerie d'images.


Double gourmette en Argent et la plaque gravée  est en Bronze.


Le collier établit que l'esclave qui le porte autour du cou appartient à Abraham DeMill. DeMill est le fils de John DeMill, un Loyaliste de Stamford, au Connecticut, qui arrive au Nouveau-Brunswick avec la flotte du printemps en 1784. John, qui est charpentier, s'établit avec sa famille à Hampton, au Nouveau-Brunswick. Sa famille ne possède pas d'esclave, mais, au début des années 1800, son quatrième fils, Abraham, déménage à Sussex, au Nouveau-Brunswick, avec sa femme. Il est probable que sa belle-famille lui lègue l'esclave.