mardi 4 juillet 2017

La Croix du Pont d'Estaing, le diamant Royal 144, Henri Lesieur.





J'ai lu beaucoup de choses inexactes sur la croix du pont d'Estaing comme:
 "la croix du pont d'Estaing en fer forgé d'Henri Lesueur (1908 - 1978), dont un bijoutier s'inspira pour créer un pendentif" "dans les années 1920.
C'est un exemple parmi tant d'autres, alors comme j'ai connu le créateur de cette croix, son Fils Bernard, et sa fille Anne Marie, autant essayer de remettre un peu les pendules.......

Henri Lesieur avait créé rue du Temple une belle affaire, en étage, avec du matériel très moderne. Avec sa femme, ils formaient un couple très solide, bien des années après la mort de Madame Lesieur, ses yeux brillaient quand il parlait d'elle. J'ai connu son fils rue du Louvre, à l'école, j'ai déjà parlé de lui dans d'autres épisodes, l'orchestre que nous avions fondé à l'école, les cours chez Mr Papa et Monsieur Laroche, les week end.... Sa fille Anne Marie m'a confirmé ces jours-ci la véritable histoire de la croix du pont d'Estaing. 


Photo aimablement transmise par Véronique qui anime un blog: vero-randonnee.over-blog.com 


Croix du Pont D'Estaing en or jaune

"Lors d'une séance photos familiale, mon père en 1955-1956 admirait une photo prise sur le pont d'Estaing et bien sûr la croix au milieu. En taquinerie ma mère lui a alors dit : "toi qui cherche toujours des modèles de croix... en voilà un superbe!"
"Chiche" a répondu mon père... sans trop y croire compte-tenu de la difficulté de réalisation du modèle.
La croix est sortie en 1958 (ma mère n'a pas vu la fin du pari) et la collection a été développée en 1960. Dans les années 60 nous en vendions au réseau entre 3 et 4000 par an!"

La Croix du pont d'Estaing en or et son matériel publicitaire

Monsieur et Madame Lesieur aimaient l'aveyron . 
Ce village possède une autre croix plus ancienne, à l'extérieur de l'église Saint fleuret cette croix est en pierres du XV° très belle et si vous regardez entre le motif principal et le fut de la croix, vous verrez à gauche un petit pèlerin agenouillé qui avec son chapeau à large bords qu'il porte en arrière, rappelle le costume des pèlerins qui se rendait à Saint Jacques de Compostelle, mais la croix du pont d'Estaing a fait le tour du monde ne serait ce que par les photos qu'ont pris les touristes, et le nombre de croix vendues.
Dans le massif central subsistent beaucoup de croix en fer forgé, je n'ai pu trouver celui qui avait fabriqué celle en fer forgé.
Au XVIII° siècle il est fait usage de fers plats dont les bras se terminent par des fleurs de Lys stylisés, mais celle ci est une croix assez exceptionnelle de facture, elle est chargée de fers battus selon la technique des grands ferronniers du XVIII° et vraisemblablement a été élevée pendant la restauration.
Ils fabriquèrent donc cette croix qui a eu tant de succès , mais qui en a toujours autant, cette croix réalisée en quatre tailles différentes était présentée dans un écrin spécial et une documentation sur la Ville d'Estaing était jointe .


Estaing se trouve dans l'Aveyron, c'est l'un des plus beaux village de France.
Sur ce pont face à la Croix , se trouve la statue de François d'Estaing non pas celle de François Giscard d'Estaing, pas encore!!!!!mais celle de l'évêque de Rodez qui fit construire ce pont de 1501 à 1529

Les habitants se nomment les Estagnols, et leurs châtelains ont été très célèbres de par le passé.
C'était dans le Rouergue, une famille très puissante du XIII° au XVIII° siècle, puis la famille disparut, et le nom , un peu à la manière des Anglais fut repris par plusieurs membres de la famille Giscard, qui descendent d'une autre famille d'Estaing, mais pas de celle de ce village, ce n'est qu'une homonymie entre :
Lucie Madeleine d'Estaing (1769/18/3/1844 née à Babel, non noble, fille de Jean-Dominique Destaing, marchand et de Catherine Dabert; C’est d’elle que descendent les Giscard d’Estaing qui ont repris son nom
Le père de Lucie Madeleine lui avait donné les mêmes prénoms que la célèbre : Lucie Madeleine d'Estaing , dame de Ravel, héritière universelle de la famille d'Estaing qui défrayait les chroniques du temps. En effet, elle avait été la maîtresse du roi de France Louis XV et elle était la demi-soeur naturelle de l'Amiral d'Estaing qui venait de l'instituer son héritière.

La famille Giscard bénéficia de deux décisions administratives autorisant son changement de nom Par un premier décret pris en conseil d'état en date du 17 juin 1922, Edmond Giscard (père du président Valéry Giscard d'Estaing) et ses deux oncles Joseph et Philippe (ainsi que leurs descendants) se virent accorder le droit de relever le nom d'Estaing, éteint en 1844 avec la mort de leur aïeule lucie madeleine d'Estaing de Réquistat du Buisson (épouse Cousin de La Tour Fondue), en l'ajoutant à leur patronyme, afin de s'appeler Giscard d'Estaing. René Giscard, frère ainé d'Edmond, alors maître des requêtes au Conseil d'État, préféra solliciter une seconde décision — décret du 16 janvier 1923, étendant la mesure en sa faveur.
Auparavant, le père d'Edmond et René, Valéry, alors ainé des Giscard, avait demandé à relever officiellement le nom de sa grand-mère paternelle, Élise de Cousin de La Tour Fondue (fille de Lucie-Madeleine d'Estaing). Mais le dernier représentant mâle de cette ancienne famille de la noblesse auvergnate Anatole de Cousin de La Tour Fondue, expatrié au Canada et brouillé avec une partie de sa famille, en était revenu pour s'y opposer. Valéry Giscard usait néanmoins du nom Giscard de La Tour Fondue, devenu celui d'une rue de Clermont Ferrand (ville dont il fut conseiller municipal). Ce n'est qu'avec la mort, en 2000, de Genevieve de la  Tour Fondue que s'éteignit définitivement ce patronyme.
Wikipédia
Après la révolution , le dernier propriétaire ayant été décapité, le château fut vendu par lots, en 1836 les religieuses de Saint Joseph l'achetèrent pour le transformer en couvent, en 2000, Le frère du président Giscard, Olivier Giscard d'Estaing, se vit refuser sa proposition d'achat , et les soeurs vendirent à la commune, qui cinq ans après le revendit aux Giscard d'Estaing. 



Certainement qu'ils avaient été conquis par la Croix du pont d'estaing, car Monsieur Henri Lesieur en avait offert une à Valery Giscard d'Estaing lorsqu'il était jeune ministre des finances. 




Cliquez pour agrandir cet article du "Canard enchaîné" qui se faisait le relais des gorges chaudes provoquées par cet achat 

Il n'était pas le seul, toute la presse en a parlé, pas toujours gentiment!!! 



Henri Lesieur était né le 27/3/1908, il nous a quitté le 27/7/1978.
Son fils Bernard , mon ami, est décédé, la clientèle et les moules ont été cédés à la Maison Brasier qui, à sa fermeture, a cédé ce patrimoine à la Maison SAGA à Paris
La croix en or du Pont d'Estaing se fabrique et se vend toujours. 



Poinçon de la maison Henri Lesieur les lettres H.L. et un bocfil

LE ROYAL 144



Monsieur Lesieur, puis son fils Bernard avaient commercialisé une taille de diamant  le Royal 144? 
vous pourrez voir, l 'évolution des tailles du diamant rond, de la taille ancienne à la taille moderne qui comporte 32 facettes  au dessus( du feuilletis) et 24 facettes en dessous plus la table soit 57 facettes.
Brillant rond : c’est la plus célèbre de toutes. Créée en 1919 par Marcel Tolkovsky, un ingénieur et diamantaire belge, la taille brillant-rond comporte 57 facettes. Elle est la base de la taille moderne.
La taille Royal 144 : elle comporte 144 facettes et fut initiée en 1970.
C'était une amélioration considérable de la taille brillant, de même que  la Taille 101 (Van Cleef & Arpels) - 101 facettes.
Mais c'est une taille qui coute cher, un prix de revient élevé, d'autant plus que son feuilletis est aussi facetté.
Mais d'ou venaient ces diamants? France? Israel, Amsterdam, Indes? j'ai donc demandé a la fille de Monsieur Lesieur!
"Ces diamants étaient taillés à Acapulco par deux diamantaires américains dont je ne me souviens plus du nom; Ils ont cessé la production et ne sont plus de ce monde je crois…"

Une question?: richard.jeanjacques@gmail.com   Un commentaire?  ci-dessous apres l article

jeudi 22 juin 2017

Partir de Corneille Boferding, passer par Pierre Caillot, Prosper Peck, Auguste et Hippolyte Guillemin et finir à René Boivin.

Partir de Corneille Boferding, passer par Pierre Caillot, Prosper Peck, Auguste et Hippolyte Guillemin, finir à René Boivin, mais passer aussi par Ledagre, Picard, Philippi.  dans la profession, on avait  facétieusement surnommé la maison Guillemin « l'île de la Réunion ».


Toutes ces maisons ont été associées à une époque donnée, elles ont toutes un passé et il est difficile de savoir à un moment donné par qui commencer 
Pourtant historiquement il est important de retrouver les dates d installation et d'exercice, pour dater les objets et les expertiser. Néanmoins puisque toutes ces maisons vont faire un bout de chemin ensemble à un moment donné, essayons de les narrer chronologiquement.
Il faut remonter à François Ledagre  pour comprendre ce cycle de Joailliers français



 François Ledagre 1785

Huilier ovale en argent et deux flacons en verre taillé, posant sur quatre pieds à enroulements, la bordure à moulures de perles et les extrémités à décor de feuillages, les porte-flacons à quatre pilastres ornés de pampres, les porte-bouchons en couronne de laurier.
Poinçon du maître orfèvre : François Ledagre ou Le Dagre, reçu en 1784.
Paris 1784,Sur les bouchons, décharge de Paris 1782-1789. Long : 29,5 cm - Larg : 15 cm - Poids brut : 656 g

Nous savons que Guillemin avait repris entre autres la Maison "Ledagre", le père de Nicolas Ledagre était un orfèvre connu et de qualité, François Ledagre.



1787 ledagre

Bouillon couvert en argent uni, les anses feuillagées, le couvercle chiffré AJA, le frétel en forme de graine sur une terrasse feuillagée. Orfèvre: François LEDAGRE, reçu Maître en 1784. Paris 1787. Poids: 926 g. L. aux anses: 23,5 cm. Vente Leclere



Petite verseuse tripode en argent, par François Ledagre, Paris, 1785-1786 Reposant sur trois pieds le corps gravé postérieurement du monogramme GK, l'anse est en bois noir . Poinçons sous le corps: charge, jurande millésimée et maître-orfèvre; Dans le couvert: charge et jurande; Sur les bords du corps et du couvercle: décharge,Haut. 18 cm.



Chocolatière en argent uni, le manche latéral en bois noirci.Paris, 1787.
Maître-Orfèvre: François Ledagre.(Armoiries dégravées). Poids brut: 355 g - Hauteur: 11,5 cm
Vente Beaussant Lefevre


1809

Il en fut de même pour les Guillemin, Les Guillemin appartiennent à une vieille famille de bijoutiers : l'arrière grand-père, Jean Guillemin, s'était établi en 1784, sur le boulevard poissonnière, à peu près où se trouve actuellement la maison Barbedienne ; son fils, Auguste Guillemin (1790-1871), qui lui avait succédé, se plaisait à rappeler, peu avant 1870, qu'il avait assisté à l'entrée des Alliés, qui défilèrent devant sa porte.



1811

En 1816  Guillemin est au 18 boulevard Poissonnière et en  1820 l'orfèvre Ledagre ( père) est 144 rue Saint Honoré

Pierre Caillot né à Lyon en 1800 ou il était ouvrier Bijoutier, il monte à Paris vers 1820, pendant quelques temps il s'associe avec Boferding,  ce dernier était installé au 237 de la Rue Saint Martin à Paris. Pierre Caillot va s'installer 36 rue de la Grande Truanderie  à Paris.
A ses débuts, il fabrique du bijou fantaisie puis des sautoirs et des parures.




Boferding en 1827 est Rue Saint Martin



Alors que Guillemin  père est au 5 rue des petits champs en 1827


1828


1829



1829 la vérité du magnétisme, nous apprend que la femme de notre Bijoutier Guillemin (père) croyait au magnétisme



1832


1836 mariage de Boferding


Il transmit à son tour sa maison, vers 1834, à son fils, né en 1816, qui s'appelait comme lui Auguste Guillemin. La maison, d'abord transférée rue Vivienne et fut enfin installée une dernière fois rue des Moulins en 1874.  Extrait de Vever

D'après Vever, en 1834 Guillemin transmet son affaire à Auguste  Guillemin Fils qui s'installe au 43 rue Vivienne, il serait donc le fabricant de la montre ci-dessous.
Cette montre élégante avec email de couleur turquoise et initiales or et diamants est signée Guillemin fils 43 rue Vivienne .
Elle figurait dans la célèbre collection Sandberg qui fut dispersée par Antiquorum.



Il est souvent difficile sans poinçon signalé, de savoir d ou vient un bijou, par exemple ci-dessous ce bijou vendu aux enchères.....présenté comme étant de Guillemin fils et daté de 1830
Guillemin fils est né en 1816 En  1830.....14 ans  .
Si un poinçon tête d'aigle par exemple avait été indiqué nous saurions que le bijou est postérieur à 1838!



1840

En effet, dès 1840, nous retrouvons Caillot toujours à la même adresse, mais gros fabricant, n'occupant pas moins de soixante-dix à quatre-vingts ouvriers et à la tête d'une importante maison dont la spécialité était alors le bijou avec camées, perles et pierres de couleur, très en faveur à cette époque. La vogue en fut considérable et de longue durée car, en ces temps heureux, les modes, pour le bijou du moins, étaient plus stables qu'aujourd'hui."
D'après Vever

En 1845 Pierre Caillot produit de la joaillerie , car son fils Jacques qui a 22 ans, revient de Vienne ou il a beaucoup appris des joailliers  Viennois.


1846
Annonce dans l Almanach du Commerce, 

Pierre Caillot devient une maison importante, sa réputation grandit  pour ses fabrications de bijoux en camées, perles et pierres précieuses.
Il va prendre un associé en la personne de Proper Peck (né en 1821) en 1849 et cette association va donner de nouveaux bijoux dans un style  Néo Grec et étrusques




Ce camée gravé en blanc sur fond gris sur une agate à deux couches figure un profil de femme tourné vers la gauche ; elle est coiffée à l’antique et porte un collier et des boucles d’oreilles doubles. Le médaillon est serti dans une monture en or à décor de huit losanges alternant avec huit perles fines. Au dos, fermeture horizontale à charnière en argent, avec aiguille et crochet.Un poinçon de garantie :▪ petite garantie argent, après 1838 : tête de sanglier sur le crochet.
Un poinçon de fabricant : après 1838 : lettres « C » et « P » (pour Caillot et Peck) séparées par une colombe du Saint-Esprit et un cœur dans un losange vertical sur le haut du crochet.
Ce Camée est au Musée de la "Malmaison" il semble que les conservateurs n'ont pas trouvé de poinçons de l'or.




en 1851 Dans l annuaire du commerce, cette publicité de Guillemin fils  au 43 rue Vivienne , "Achète le diamant et les pierres de couleurs"
Déjà le rachat d'or, etc.....



En 1855 on retrouve Philippi au 5 rue du Coq Héron. Coq ou Héron, en réalité dès le XIII ° siècle, elle porta  ce nom en raison d'une enseigne .



En 1860, pendeloque de Fillipi  avec perles baroques



Philippi



1862 Ledagre se marie et le journal "l 'indicateur des mariages" nous apprend qu'il s'est installé au 30 rue Vivienne à Paris et qu'il épouse Mademoiselle Catelan.
C'est aussi en 1862 que Caillot et Peck obtiennent une médaille d'honneur à l'exposition universelle de 1862 à Londres.

Vever cita une anecdote a propos de Mr Caillot et de Madame:
Puisque nous nous sommes laissé entraîner aux digressions, qu'on nous excuse d'en commettre encore une, sans rapport avec la maison Caillot, mais qui montrera, ainsi que la précédente, la familiarité qui existait alors entre ouvriers et patrons, aujourd'hui, hélas ! presque adversaires.
C'était alors une coutume pour les ouvriers de souhaiter la bonne année au chef de la maison, le matin du 1er janvier ; ils désignaient l'un d'eux pour prendre la parole et pour embrasser la patronne en lui remettant un bouquet. Dans une maison où le patron venait de se marier à une jeune femme très gentille, mais abominablement grêlée, qui assistait pour la première fois à cette petite cérémonie, celle-ci fut intimidée à la vue de tous ces ouvriers qui venaient lui présenter leurs vœux, et s'écria naïvement : « Ah ! mon Dieu ! est-ce que je vais être obligée de les embrasser tous ? » Mais le porte-paroles s'empressa de la rassurer, en lui disant avec un bon sourire : « Non, madame, n'ayez pas peur, c'est moi seul que les camarades ont chargé de cette corvée !. »



1864, le fils Ledagre est  toujours au 30 rue Vivienne


Caillot Peck et Guillemin frères
Une châtelaine en or polychrome, maintenant par des chaînettes à maillons plats une montre et, de part et d'autre, sa clef et un cachet. La montre est signée dans le boîtier CAILLOT, PECK et GUILLEMIN Frères, 2 rue des Moulins à Paris. On sait que Caillot et Peck ont insculpés leur poinçon en 1867 et qu'il l'on biffé en 1877, ce qui nous permet de dater précisément ce travail. L'attache de la châtelaine est en vermeil. Mouvement à réviser. Poids brut avec la montre et son mouvement: 54 g vente de Maîtres Couteau et Bégarie.
En 1865 Caillot et Peck  déménagent et vont s'installer au 2 rue des Moulins dans le 1er arrondissement.

Collier de Caillot-Peck et Guillemin freres tiré du livre de Vever

Galerie des bijoux au musée des arts décoratifs

Citation tirée du livre de Vever: 
Mais revenons aux choses sérieuses et à la fabrication de la maison Caillot et Peck. Sous le règne de Napoléon III, cette maison exécutait des bijoux qui, ne visant pas à l'art proprement dit, étaient par cela même d'une vente courante assurée ; tout en continuant à faire des parures camées, elle donnait cependant de plus en plus d'extension à la joaillerie.
Pour simplifier le travail et permettre une production- plus abondante à peu de frais, certains ouvriers de l'atelier étaient occupés exclusivement à fabriquer des séries de feuilles de lierre ou de feuilles de vigne de toutes grandeurs.; d'autres ne faisaient que des chatons. On groupait ensuite ces différents éléments avec plus ou moins d'ingéniosité et de goût- en y ajoutant des fleurs, quelques ornements ou des perles.' Sans doute, ces parures manquaient un peu de caractère et de variété, mais elles répondaient amplement aux desiderata de la clientèle, qui était alors moins difficile à contenter qu'aujourd'hui. Les affaires, d'ailleurs, allèrent toujours en augmentant, et la maison se maintint au rang des plus prospères de Paris
Médaille d'honneur, Londres 1862; médaille d'or, Paris 1878.






Ce bracelet est dans la Galerie des bijoux du musée des Arts Décoratifs à Paris Le musée l'attribue a Caillot et Peck vers 1870, or émail , diamants taille ancienne.

Maison née en 1849 de l'association entre la maison Caillot et Prosper Peck (1821-1899) en 1874 Caillot et Peck sont devenus l'une des maisons les plus propères de Paris,  et vont accueillir deux associés de poids qui plus tard assureront la pérennité de la Maison, les frères Auguste et Hippolyte Guillemin, les statuts changent et la société devient"Caillot, Peck et Guillemin frères"
Citation d'après Vever


Dans les livres de Vever


1876

"C'est en 1876 que  Caillot Peck et Guillemin frères vont accueillir  F.Philippi qui est un ancien collaborateur de P. Caillot , mais qui avait fondé sa propre entreprise.Les frères Guillemin restèrent seuls à la tête de l'établissement à partir de 1878. Ils ont continué à maintenir la vieille réputation de la maison, si honorablement connue depuis bientôt trois quarts de siècle, mais ils en ont modifié
le genre en fabriquant de la grande joaillerie, très appréciée.
Les Guillemin appartiennent à une vieille famille de bijoutiers : l'arrière grand-père, Jean Guillemin, s'était établi en 1784, sur le boulevard, à peu près où se trouve actuellement son fils, Auguste Guillemin (1790-1871), qui lui avait succédé, se plaisait à rappeler, peu avant 1870, qu'il avait assisté à l'entrée des Alliés, qui défilèrent devant sa porte. Il transmit à son tour sa maison, vers 1834, à son fils, né en 1816, qui s'appelait comme lui Auguste Guillemin. La maison, d'abord transférée rue Vivienne et fut enfin installée une dernière fois rue des Moulins en 1874. MM. Guillemin avaient réuni successivement trois maisons à la leur : celle de Ledagre, bijoutier, rue Vivienne ; celle de Picard, bijoutier, rue Richelieu, et plus tard celle de Philippi. Aussi, dans la profession, avait-on surnommé facétieusement la maison Guillemin « l'île de la Réunion »."
Citation de Vever

Difficile de s'y retrouver , j'ai donc essayé de faire un peu de généalogie et enorme surprise!!!

Jean Guillemin
Etabli bijoutier en 1784
Père de
-
Auguste Guillemin
1790-1871
Père de
-
Auguste Guillemin
Né en 1816

Pere de
-
Marie Alexandre Hippolyte Guillemin                                      Auguste Etienne Guillemin
Né le 24-07-1846                                                                       né le 21-04-1845
Epouse en 1877                                                                         épouse en 1875
Marthe Marie Agathe Caillot                                                    Adèle Charlotte Helene Caillot

Les deux frères Guillemin ont donc épousé les deux soeurs Caillot

Je ne vais pas publier les actes, mais sachez que Prosper Victor Peck, l associé de Caillot (qui habite aussi au 20 rue des Moulins comme Caillot, est déclaré aux deux mariages comme étant l oncle allié paternel des deux soeurs Caillot
Etait présent Auguste Eugene Mercier juge au tribunal de commerce et décoré de la légion d honneur.





1879

Après la dissolution de la société en 1879 Guillemin Frères changent de Poinçon de maître : c'est un saint esprit en haut et un coeur en bas avec G et fres .




Sur la fiche du ministère une erreur c'est 2 rue du Moulin et non 20, quoique!!


Ecrin marqué Guillemin Frères au 2 rue des Moulins

La rue des Moulins s'appelait précédemment d'abord rue Neuve de Richelieu puis rue Royale.
En 1793, celle-ci fut réunie à l'ancienne rue des Moulins qui a été supprimée par l'ouverture de l'avenue de l'opéra. 
Le 27 juin 1876, un décret relatif à l’achèvement de l'avenue de l Opéra déclare d’utilité publique « la suppression des rues de l’Évêque, des Orties, des Moineaux, du Clos Georgeau et d’une partie de la rue des Moulins »
Donc la rue étant amputée d'une partie, le 20 a dû devenir le 2, ce qui nous renseigne sur la datation des bijoux quand les écrins ou factures sont au 2. 


Charmant bijou, dont une de mes lectrices m'a adressé ces trois photos,  Nadine Demieulle . 


A observer l'ecrin,  ce bijou devait pouvoir être porté en broche, pendentif  et même en bijou de tête puisqu' il existe au fond de l'écrin un système pour le porter dans les cheveux.



1881 almanach du Commerce et Boferding est installé 27 rue du Mail



Antiquorum célèbre maison de vente de Genève attribue cette montre à Caillot, Peck & Guillemin Frères, 20, rue des Alouins, Paris, vers 1900.  Or et émail, montre dans une boîte encastrée d'origine. 
Guillemin c'est probable en 1900,... mais les trois associés se sont séparés en 1879, donc quelque chose ne va pas dans l expertise, comme souvent dans les ventes publiques, pas de descriptif des poinçons d'état . Erreur sur l adresse dans le texte original de Antiquorum: Caillot, Peck & Guillemin Frères, 20, rue des Alouins, Paris, vers 1900. Fine 18 ct. Or et émail, montre diamant set fob clignotant dans la boîte encastrée d'origine.




Une montre à trois motifs ovales en chute émaillés bleu cernés de pastilles blanches entre deux chaînettes à maillons ovales ajourés de rosettes retenant une clef et un cachet, surmontée d’armoiries d’alliance ciselées et émaillées polychrome entre deux lions, sommées d’une couronne de compte ornée de perles fines, de rubis et d’émeraudes, la languette en argent (supérieur à 800/000) (petits mqs). Epoque Napoléon III Poids brut 92,9 g Haut. : 16,5 cm Dans son écrin à la forme de la Maison Caillot Peck Guillemin
l'écrin , c'est bien, mais ce n'est  pas une certitude, je préférerais une étude plus précise des poinçons, des diverses marques, du fabricant du mouvement, car de Caillot à Guillemin , aucun n'est horloger.
armor encheres à Saint Brieuc




Belle montre de poche 3 ors 750 millièmes finement ciselés, cadran émaillé blanc avec chiffres romains peints, chemin de fer pour les minutes. Cuvette en or, chiffrée, datée 1893. Dos de boîte monogrammé émaillé. Mouvement mécanique. Elle est agrémentée de sa châtelaine décorée aux attributs de la musique en relief. Crochet en vermeil 800 millièmes repercé et chaînette de sécurité avec épingle nourrice en or 750 millièmes. Elle est accompagnée de son écrin signé Caillot.Peck et Guillemin Frères à Paris. Poids brut: 78 g. Long: 14.5 cm.(en l'état) Vente Thierry de Maigret.






Centre du très beau collier de Caillot et Peck , https://www.eleuteri.nyc/.



Collier de Caillot et Peck  en vente à la maison Eleutéri de Milan et New-york.



Ce bijou est des frères Guillemin,  dans son écrin d origine, le motif central fait 11 cm de haut, il est en vente actuellement à la Tadema Gallery à Londres, une excellente maison: Info@tademagallery.com


Il devait être possible de le porter en broche  vu le système a vis pour le transformer en collier







Une broche  trembleuse fleurs en or et en diamant.
Caillot Peck et Guillemin freres à Paris, composée d'une fleur centrale en trembleuse et de deux petites fleurs amovibles, contenant trois  diamants taille anciennes pesant environ 1,60 carats total et
Accompagné d'une boîte encastrée signée Peck & Guillemin Frères.




La maison Koller Auction le date de 1900, je pense que c'est avant la scission donc avant 1878 et après 1874 en raison de l adresse de la rue des Moulins,  ce sont des perles naturelles, les attaches sont émaillées en vert, 2 glands en perles attaches émaillées 2 perles naturelles. L'écrin est signé Caillot-Peck et Guillemin frères 2 rue des moulins Paris





Très beau collier draperie à transformations en or de deux tons 750‰ ,à décor de chevrons sertis de diamants taille ancienne calibrant ensemble 35 carats environ, accompagné d''un peigne en écaille surmonté d''un motif en or pouvant recevoir une partie amovible du collier. (Manque un diamant sur le peigne et le tournevis). Époque Napoléon III. Poids brut : 71,36 g.
Dans son écrin à la forme de la Maison Caillot Peck & Guillemin Frères à Paris. 
Vente de la maison Piasa:   http://www.piasa.fr/





Quatre photos de ce collier de Caillot Pck et Guilllemin vendu par Piasa


Bracelet semi-rigide ouvrant or émail perle et diamants vers 1870, en or articulé, le centre orné d'un motif de noeud émaillé noir à poids en or, centré d'une perle rehaussée de diamants taille rose Maison Sotheby's


Pendentif en émail, opale et diamant, Guillemin Frères, vers 1900
A été vendu récemment par la maison Sotheby's







Autre bijou magnifique de Guillemin Frères: Collier pendentif en émail, rubis et diamant Art Nouveau, vendu par la maison Bonhams, grande maison de vente internationale.
Le pendentif triangulaire représentant une jeune fille aux cheveux roux dans une robe qui coule à travers les joncs, détaillé dans des émaux vifs d'orange et de vert à un cadre en diamant taillé en roses,  avec des rubis en forme coussin et diamants taille ancienne  env. 0.50ct total, pendentif avec marque de fabricant et poinçons français, longueurs: pendentif 3.9cm, collier 46.2cm:




Collier en or, émail, perle et diamant d'art nouveau, de Guillemin Frères vers 1906
Pendentif conçu avec des fleurs de perles baroques, les feuilles décorées de diamants taille anciennes ou en rose et de l'émail vert translucide, se terminant par une goutte de perle baroque, suspendue à une chaîne d'or de fantaisie reliée à intervalles par des perles baroques plus petites et motifs en nœud d'or, longueur pendentif 8.5cm, poinçons français, accompagné d'une facture originale datée de 1906, écrin adapté


Broche vendue par la Maison Sotheby's en émeraude et diamants et signée de Guillemin Frères

Sotheby's et Bonhams par exemple et beaucoup d autres ont recopié que Guillemin avait été repris par Boivin en 1920, mais....pas plus de précisions
Mr René Boivin est mort en 1917, il avait repris plusieurs ateliers de son vivant, comment en avoir le coeur net? Les spécialistes de Boivin ne savent pas!, le livre très documenté de madame Françoise Cailles n'écrit rien a ce sujet, elle serait la plus a même de répondre, mais justement, elle ne répond pas.
J'ai suivi plusieurs chemins de recherches dont:


Mes recherches précédentes ou j avais constaté qu'en 1904 Boivin avait repris "Soufflot"



Cliquer pour agrandir

Les annuaires de 1920, rien ..mais en 1921...


Monsieur René Boivin était  décédé en 1917 et c'est donc sa femme qui continuant l entreprise avait repris la maison Guillemin,  et c'est bien l adresse de la rue des Pyramides, la Maison Boivin

Commentaires, précisions, questions ? richard.jeanjacques@gmail.com



Une lectrice assidue, ayant vu les montres  vendue comme étant de "Caillot Peck et Guillemin", m'a adressé une photo d une montre qu'elle détient avec une "marque" Guillemin.



C'est une montre en or avec échappement à cylindres 

 L expert en Gemmologie et Joaillerie que je suis , loin d'être de même en Horlogerie, signale les différents types d'échappements dont celui à cylindre, le plus récent étant l' échappement à Ancre. 


Cliquer pour agrandir


Il est donc bien noté à l intérieur du boîtier: Guillemin 261 rue Saint Honoré Paris"




Il y eut un horloger du nom de Guillemin avant 1789, rue de grenelle, ce doit être lui qui conçut


le mouvement de ce cartel de "Causard horloger du Roy" fabriqué par un Guillemin, horloger 



En 1826 , toujours  Rue Saint Honoré , mais ce ne peut être de par la date, le Guillemin Joaillier!


Et de fait, nous voyons qu'en 1839  il y a un bijoutier  rue Vivienne et un Horloger rue saint honoré


1848


1854 Rue Saint Denis




Un courrier paru dans l intermédiaire des chercheurs et des curieux, cette personne pose des question, je puis répondre sur un point; le G couronné n'est pas un poinçon  d'horloger, mais plutôt un poinçon de maison commune qui indique dans ce cas que la pendule peut être datée entre le 16 juillet 1770  et le  10 juillet 1771.

Cet horloger ne peut être de la famille du Joaillier.