lundi 20 mars 2017

Suzanne Belperron et Bernard Herz son mentor: la Tragédie.




Suzanne Belperron Copyright Olivier Baroin
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Collier Diamant Suzanne Belperron, vers 1940. revendu par la Maison Sotheby's

Créé par Suzanne Belperron, revendu par la maison Sotheby's

Dans cet article,  j'ai voulu traiter de cette très grande créatrice française, brillante lorsqu'elle travaillait à la direction artistique chez Boivin, et révélée aux yeux de tous lorsqu'elle en partit. 
Mais Suzanne sans Bernard Herz, ce n'est plus la même histoire, c'est pourquoi j'ai voulu les associer, dans l'une des pires époques que la France ait connue, 1939-1945. Ces noms sont devenus des "marques commerciales", mais ces personnages font partie de l histoire de France et de la Shoah.


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Toute une vie est résumée sur cet acte de l'état civil,  Bernard Herz est né,  déclaré par ses parents Clotilde Rosenfeld et Ferdinand Herz , les témoins étaient Adolphe Herz  son frère, et Sigismond Rothschild. On voit sa date de naissance le 31 mai 1877, son mariage et sa mort le 7 septembre 1943 à Auschwitz , alors que le maire ne l'a appris que le 13 décembre 1946.


C'est dans cet immeuble, (au centre de la photo), chez ses parents,  que Bernard Herz  est né dans  un beau quartier, sur le bord de l'avenue Foch.


Il semble que le père de Bernard était négociant en diamants et perles au moment de sa naissance.






En 1881 le père s'associe avec un certain Schmalz




En 1889 Ferdinand Herz dissout la société "Herz Rosenfeld" et recrée la société en nom collectif " Herz et Cie".





C'est en 1895 que le très jeune Bernard André Herz est admis à l'école des hautes études commerciales, il est 112 ème sur la liste mais il n'a que 18 ans .

Le 26 septembre 1900 Suzanne Belperron naît , elle est la fille  de Jules-Alix Vuillerme qui était négociant (décédé en 1913) sa mère, Marie Clarisse Faustine Bailly-Maitre était caissière.

En 1903 Ferdinand  Herz dissout à nouveau sa société, c'est maintenant son fils Bernard qui dirige la nouvelle société.


Toutes les époques ont leurs escrocs, l'escroquerie aux confiés est de plus, très courante dans la Joaillerie, malheureusement Bernard Herz fit partie des victimes .(Journal le matin du 24 avril 1912)


Heureusement nous apprenons par le Journal "Gil Blas" que cette femme escroc fut arrêtée rapidement.
Bernard Herz n'a pas fait beaucoup parler de lui, et c'est grâce a ces petites coupures de presse qu' on peut le retrouver avant qu'il ne connaisse Suzanne Belperron.



Qui était Hélène, la comtesse Pierre d' Heursel, était elle une soeur de Bernard?  je n'ai pu trouver une généalogie des Herz.
Ce que nous pouvons dire c'est que son mari était pointilleux sur le chapitre de l honneur et le 3 mars 1904 les journaux publièrent :

Le Comte d'Heursel s'est battu à l'épée le 28 février dernier avec le baron Robert Le Vavasseur et voici le procès-verbal.
« A la suite d'un incident survenu entre MM. le Gomte d'Heursel et le baron Robert Le Vavasseur, le comte d'Heursel a constitué comme témoins M. Raoul Mourichon, chevalier de Légion d Honneur et Jacques Romanel du Caillaud,  à la Cour d'Appel. Dé son côté, le. baron Robert Le Vavasseur s'est fait représenter par MM. le général Avon,commandeur de la Légion d'Honneur et Georges Breiltmayer, chevalier de la Légion d'Honneur. Les quatre témoins se sont réunis ce jour. •Avant toute discussion, les témoins de M. le comte d'Heursel ont demandé au général  Avon et à M. G. Bieitîmayer « étant donné certaine campagne menée contre l'honorabilité du-baron Le Vavasseur », la. constitution d'un arbitre'."'.
Ces messieurs s'y sont nettement refusés estimant que leur présence est une réponse suffisante à la question posée Ils acceptent d'ailleurs toute la responsabilité de cette déclaration
Enfin, nous devons aussi rappeler que le colonel Desvaux, après avoir consulté le duc De Lorges, membre du Jockey Club, a reçu de ce dernier l'affirmation très nette qu'il croiserait le fer avec M. Robert Le Vavasseur.- s'il  y  avait lieu.




Un bracelet saphirs et diamants, par SUZANNE BELPERRON  en platine, Poinçon de Groene et Darde entre 1941 et 1945. Revendu par la maison Christie's

Suzanne Vuillerme (future Suzanne Belperron) obtient le premier prix du concours des Arts décoratifs de l’année 1917-1918 de L'École des beaux arts de Besançon qui récompense des années de cours de « décoration de l’horlogerie et de la bijouterie ». Un sujet qui était très classique de l  époque, "Une montre pendentif en or jaune, décor champlevé, émaux blancs et noirs pendant orné"

Paris l'appelle, mais comment est elle arrivée jusqu'à Jeanne Boivin??

Elle devient donc dès 1919 dessinatrice chez Boivin une entreprise de Bijouterie qui existe depuis 1890.
C'est en 1924 que Suzanne Vuillerme  épouse Jean Belperron, ils vont s'installer au 49 rue Lamarck sur la butte Montmartre à Paris.
A cette époque elle fréquente Eugène Paul (dit Gen Paul) , un peintre expressionniste français  dont les amis deviendront  de célèbres antisémites. Il recevait ses amis dans son atelier: Tels, Arletty ou Louis Ferdinand Destouche (plus connu sous le nom de Céline), René Fauchois ou Robert le Vigan 
collaborateur notoire, qui envoyait des lettres de délation à la Gestapo concernant le milieu artistique.
Suzanne Belperron ne pensait  certainement pas a cette époque  au déchaînement de haine qu'allait déclencher la politique du gouvernement de Pétain et des allemands qui mènerait a son arrestation et a celle de Bernard  Herz .
Céline qui écrivit des tonnes d injures vis a vis des juifs comme : 
"Encore un truculent spectacle à ne louper à aucun prix. Le départ du " Normandie " de New-York. " Normandie " ! triomphe de nos contributions, le plus crâneur de nos déficits. Sur trois mille passagers au moins 2500 Juifs. A nous Aryens " assujettis " du génie français tout le déficit ! On est des gaillards prestigieux, des vicieux de la folle ceinture. Aux rats juifs du monde entier les prélassements inédits, les vogues les plus exorbitantes, le caviar à la louche de nos centimes additionnels. C'est plus de la passion c'est de la vraie furie youtrisme pour grimper, grouiller sur ce bord ...
Ou : 
"Le Juif est un nègre, la race sémite n'existe pas, c'est une invention de franc-maçon le Juif n'est que le produit d'un croisement de nègres et de barbares asiates".

Mais Suzanne Belperron avait des goûts éclectiques  et fréquentait beaucoup d'autres artistes,  telle Mariette Lydis 


 Mariette Lydis au centre , entre deux femmes à sa droite (Hermine David, Charlotte Gardelle) et deux hommes à sa gauche (Foujita et Moïse Kisling). (remerciements au Blog Dreamer)




Une oeuvre de Mariette Lydis





C'est en 1927 que l'atelier Groëne et Darde, (qui produira le plus grand nombre de bijoux de Suzanne Belperron) se constitue en Société en nom collectif


Ce nom de "Lanllier" est important, en 1929, il est secrétaire général de la chambre syndicale de la Bijouterie, joaillerie et orfèvrerie, nous allons le retrouver à un poste plus élevé au début de la guerre 39-45, il sera mêlé de très près à l' aryanisation de toutes les entreprises de Joaillerie.

En 1930  Bernard Herz nous prouve à quel point en affaires il était éclectique,  il a au cours de sa  vie mené différentes affaires, il reprend et développe  une société "les Pelleteries de la Seine".
Cette société préparait  à l'intention des fourreurs, des dépouilles d'animaux sauvages et d'animaux d'élevage à fourrure et en faisait le commerce.



C'était une société importante "à une belle époque" puisque :

1° Que le capital en numéraire de la Société « PELLETERIE DE LA SEINE » s'élevant à 8.400.000 francs, représenté par 16.000 actions de 500 francs chacune qui étaient à émettre en espèces, a été entièrement souscrit par dix-neuf personnes.
2° Et qu'il a été versé en espèces par chaque souscripteur une somme égale à la moitié du montant des actions. "Belle époque" car de nos jours amener au capital, des espèces!!!!!!


Suzanne Belperron en 1932 Chez Boivin

Bernard Herz la contacte en mars 1932, et lui demande de travailler pour lui, Suzanne Belperron devient « directrice artistique et technique exclusive, unique et reconnue » de la maison Herz. 
Tous deux se connaissent depuis des années puisque ce négociant parisien, réputé en perles et pierres précieuses, et affilié à la famille Rothschild, est l’un des fournisseurs de la maison René Boivin. Installée dans ses salons privés situés au 59 de la rue de chateaudun  à Paris, elle s’attache alors la collaboration du lapidaire Adrien Louart (1890-1989), et l’atelier Groëné et Darde devient son fabricant exclusif. Wikipédia



1933

Voici la résiliation du bail en 1933, signé par Bernard Herz en 1925  pour son local professionnel du 59 rue de Chateaudun.

Suzanne était certainement frustrée à la longue de voir son travail vendu sous un autre nom, ( Boivin) et Bernard Herz  lui confia la direction artistique et technique, tout dépendait d'elle, elle choisit l'atelier Groëne et Darde qui ne travaillait que pour Bernard Herz, de plus elle devint la co-directrice  avec Bernard Herz qui était le patron.



                        Une broche de Suzanne revendue par la Maison de vente Christie's



Mais en publicité dans Vogue, on peut trouver cet encart  "Chez Bernard Herz, Suzanne Belperron.."
A cette époque les choses sont claires, Bernard Herz est le patron et Suzanne, sa co-directrice. Jusqu'à la guerre 1939-45 les articles ou les publicités seront signés "Herz"

1945 Photographie d'un bijou de Suzanne revendu par la maison Sotheby's  


Une broche "Escargot en diamants de Suzanne Belperron, monté sur or blanc 750/1000°
entre 1932-1940 . avec la marque de fabricant de Groene et Darde pour Suzanne Belperron  Revendue par la maison Christie's





En 1936, le 19-06- la revue Comoedia nous apprend que Jean Herz, Le fils de Bernard se fiance avec une jeune fille de très bonne famille.


Le 26-06-1936 , dans le Figaro,  Jean Herz épouse Marie Veil-Picard en l'église Saint Pierre de Chaillot


La revue "Ambassade et Légations publie un encart



Aout 1936 sur les marches de l'église St Pierre de Chaillot de gauche à droite Arthur Veil-Picard officier de la legion d'Honneur,  Jeanne Herz puis Bernard Herz, enfin Madame Veil née  Alonso Rivas.
La famille Veil-Picard compte plusieurs mécènes et philanthropes, dont le plus célèbre est Adolphe Veil-Picard (1824-1877), fils d'Aaron, membre du consistoire de Lyon et bienfaiteur de la Ville de Besançon. C'est notamment lui qui, par un don de 200 000 francs, contribua au financement de la rénovation du quai d'Arènes (rive droite du Doubs ) terminé en 1878. Ce quai a été baptisé "Veil-Picard" en 1879.
En 1924, est érigé à Besançon un monument à sa mémoire dû au sculpteur Alfred Boucher (promenade Granvelle).
La grille du portail de la synagogue porte une plaque avec l'inscription « grille donnée par M. A. VEIL-PICARD à la mémoire de son père 1869 ».
En 1888, les banquiers Arthur-Georges et Edmond-Charles Veil-Picard achètent à  Louis Alfred Pernod la distillerie du même nom. Ils conservent à la société son nom originel de « Pernod fils ».
Le nom des Veil-Picard est également associé à l'histoire des courses hippiques(écuries célèbres).
(Wikipédia)


Revue Ambassade et Légations

 La Mariée au domicile de ses parents après la cérémonie


le 28-06-1938  le fruit de cette union est né , il se prénomme Gérard






1936 


1940

Même la société Condé Nast propriétaire du journal "Vogue" est aryanisée dès le début de la guerre 

Pressentant ce qui va arriver, Bernard Herz veut pour assurer la survie de l entreprise au cas ou il connaîtrait  le même sort que les entreprises allemandes Juives sous Hitler. Pour cela il pense à vendre son entreprise à Suzanne Belperron, il faut trouver des associés les trois futurs associés souscrivent à l 'achat de parts et effectuent des versements au Notaire, Maître de Wargny.


Suzanne Copyright Olivier Baroin

En réalité, dès le mois de juillet 1940 les juifs sont exclus de la fonction publique. Les enseignants juifs doivent abandonner leurs classes à la rentrée. La première ordonnance allemande "relative aux mesures contre les Juifs" est prise le 27 septembre 1940 et concerne la zone occupée. Les Juifs qui ont fui la zone nord ne peuvent y retourner et les familles qui y demeurent doivent se faire recenser. Un cachet est apposé sur la carte d'identité. "L'article 4 comporte un aspect économique : tout commerce dont le propriétaire est juif doit être désigné comme "entreprise juive" par une affiche spéciale rédigée en langue allemande et française". Adam Rayski, futur chef des MOI dans la région parisienne commente dans les termes suivants ces événements : "ça sentait le Moyen Âge".

Toujours durant l'été 40, les Juifs sont l'objet d'une odieuse campagne de propagande dans la presse. La population reste sans voix, trop occupée à subvenir à ses besoins. Parmi les réactions les plus détestables, celle de la famille Lissac, qui, dès le 2 août 1940, fait passer une annonce dans la presse pour rétablir une "vérité" : "Lissac ne saurait sans malveillance être confondu avec Isaac, nom israélite par excellence". http://histgeo.free.fr/troisieme/avguerre/vichy.html




Comment, nous Français avons pu aller aussi loin dans la lâcheté?

De fait, les commerçants sont obligés de mettre une affiche en vitrine comme quoi l'entreprise est juive. Des hommes comme Bernard Herz sont offusqués, les juifs comme lui ont fait la guerre 14-18, ils ont été blessés, décorés Tués....Ils sont citoyens français à part entière.
Les entreprises vont être aryanisées, des administrateurs  (provisoires) vont gérer les entreprises
juives, mais aussi les immeubles qui leur appartiennent .

Au début de l'occupation  vers juillet 1940, Bernard Herz, est interrogé plusieurs fois. Une première fois, grâce à l’intervention de sa grande amie Rika Radifé, l’épouse de l’acteur Harry Baur, Suzanne Belperron parvient à le sauver de la gestapo.
Cette fois là, il a compris, il va céder son entreprise à la personne en qui il a le plus confiance , Suzanne Belperron




C'est la première page de cette cession, Suzanne monte une SARL dont l objet est l acquisition, l'exploitation, d'un fonds de commerce au 59 rue de chateaudun.
En achetant l'affaire, elle évite sa confiscation par une aryanisation, elle réalise une espèce de vente a réméré arrangée entre eux.
Si tout se passe bien, dans un temps X, Bernard Herz retrouvera son affaire et sa place dans la société, comme c'est arrivé pour les  Arpels, et si par malheur....!
l'affaire, la marque, la maison, continueront grâce a Suzanne.
Il faut se remémorer qu'a cette époque et même jusqu'à la fin de la guerre , personne ne connaissait la "solution finale" on commençait à parler de déportation!!!
Il est intéressant de lire aussi qu'à cette époque  les femmes devaient demander à leur mari, l 'autorisation d'effectuer pareille transaction, comme on peut le voir sur cet acte notarié








Une SARL avec Suzanne , Catherine Potter, Marie Debay, et le fameux Marcel Coard, grand décorateur français et ami de Suzanne.

Même s'il est fastidieux de lire des actes notariés, je crois qu'il est important de publier quelques pages de l' acte


A la première page, on pouvait lire une phrase qui ferait frémir nos femmes mariée du XXI eme siècle "l'épouse assistée et autorisée"!!! 




Puis comme la comptabilité n'était pas aussi ennuyeuse et compliquée que de nos jours, voici les comptes au moment du rachat du fond de commerce de Bernard Herz. Au passage je signale une petite erreur du très beau livre de Olivier Baroin, mais sur ces dossiers une erreur est toujours possible.
Mr Guiberteau n'est pas un ami de Suzanne, ni son associé, ce sera le futur administrateur  de l'aryanisation de l'affaire de Bernard et Suzanne, mais nous le retrouverons plus loin.




 Le bilan de 1940


Le 17-02-1941 c'est la publication officielle dans la presse spécialisée






Bilan de 1941



Petite diversion qui a son importance, la nomination de Jean Lanllier  comme président du comité d'organisation des industries et métiers d'art. Je l' avais cité plus haut en 1929 quand il était Secrétaire de la Chambre Syndicale de la Bijouterie Joaillerie, il aura un rôle dans l' aryanisation de Bernard Herz et des autres maisons de Joaillerie Bijouterie.



Les comités d'organisation sont un ensemble d'instances créées par le régime de Vichy pour contrôler et diriger l'économie Française pendant la l'occupation Allemande durant la seconde guerre mondiale. D'abord destinés à protéger les intérêts français, ils deviennent rapidement un outil de la collaboration économique.


Insidieusement une autre enquête commence; la préfecture demande des renseignements dès le 11-09-1941 au cadastre du département de l'Oise : Sujet: la propriété de Monsieur André Herz?
André est le deuxième prénom de Bernard Herz.




On demande aussi des renseignements à la Mairie de Chantilly sur la propriété de Bernard Herz .
Et pourtant, elle appartient à sa femme Madame Herz née Marx.


Camp de Royallieu

 Le 12  décembre 1941,troisième grande rafle à Paris, 743 juifs, que des hommes,  pratiquement tous français, avocats, hommes politique, industriels,  Bernard Herz est arrêté par des gendarmes allemands assistés par des policiers français.
Après avoir été regroupés à l' école militaire à Paris, il sont envoyé au camp de Royallieu près de Compiègne.
Le camp de Royallieu, situé à proximité de Compiègne, dans l’Oise, est ouvert en décembre 1941. Il présente des caractéristiques particulières. Placé entièrement sous administration allemande, il héberge, de décembre 1941 à juillet  1942, des personnes qui seront souvent transférées entre les camps du Loiret et celui de Drancy. À ce jour, la documentation sur ce camp est quasi-inexistante, à l’exception des récits et témoignages des internés. Cette absence d’archives est probablement liée au statut du camp, contrôlé uniquement par les Allemands qui ont dû faire disparaître leurs papiers avant de quitter le camp.




Le Commissariat général aux questions juives (CGQJ) va s'intéresser désormais à Bernard Herz Le CGQJ était un organisme administratif chargé de préparer et d'appliquer la politique raciste et discriminatoire du gouvernement de Vichy vis-à-vis des ,juifs français ou vivant en France. Il était dirigé par Xavier Vallat, et en mai 1942 par Louis Darquier de Bellepoix
Dans cette lettre il est question des biens de Mr Herz et Mme, et de la nomination d'un administrateur provisoire pour l appartement du 38 av Wilson à Paris et de la propriété de Chantilly.


Bague de Suzanne Belperron de 1942,  revendue par la maison Christie's, datée de 1942, je remarque qu'il y a 15 ans tous copiaent ce style .....même moi



Cette année 1942 va être cruciale, c'est l' année de la spoliation des biens de Bernard Herz.



Le commissariat Général aux Questions Juives écrit au directeur général du service de contrôle des administrateurs provisoires pour lui accuser réception de sa proposition de nommer Mr Pradeau comme administrateur provisoire et qu il va soumettre cette nomination au service Allemand



Le 38 avenue du président Wilson Paris




En fin fevrier 1942, le syndic des huit copropriétaires de l immeuble de l'avenue du président Wilson, demande comment rentrer dans ses sous, car l'un des copropriétaires, Monsieur Rosenfeld est en zone libre depuis mai 1940. (Monsieur Rosenfeld doit être de la famille de Madame Marx-Herz)
Les allemands ayant mis son appartement sous scellés après en avoir expulsé les locataires, le mandataire ne veut plus payer les charges. De plus le syndic n'a pas de chance, car Mr Herz a été arrêté et interné ...donc il ne paye pas les charges non plus.
En revanche Melle Herz , qui est l'épouse de MR Solinsky habite l appartement. Et le syndic explique que Mr Herz paiera les charges quand il sera rentré de captivité.




La déjudaisation était merveilleuse, ce papier parle de Bernard André Herz en le citant, "sans profession" c'est de l humour pétainiste...

Où nous apprenons que Jean Herz était bijoutier, et que le notaire ne savait pas s'il y avait un administrateur provisoire de nommé pour les immeubles.
Mr Henry Vienot qui était notaire rue de la Boëte à Paris répond au CGQJ pour l informer qu'il est chargé de la succession de Jeanne Marx , la femme de Bernard Herz , décédée. 
Il indique que les héritiers sont Aline Herz divorcée de Maxime Théophile Sele, dit Solenski et Jean Herz  prisonnier au Stalag V.B. N° 3034. A l'époque  personne ne savait ou étaient ces camp de prisonniers c'est pour cela qu'on indiquait un N° seulement, mais désormais nous connaissons l'endroit.
Ce stalag installé dans la région du Bade-Wurtemberg allemand, en Forêt-Noire et à 800 mètres d'altitude, se situe aux abords de Villingen, à 40 km de Fribourg-en-Brisgau et environ 50 km de kilomètres de la frontière suisse. Pour cette raison, il était réputé comme l'un des plus fertiles en évasions en raison de la proximité de la poche de Schaffhouse, réduisant considérablement la distance avec la liberté. Le chiffre V signifie que ce stalag dépendait de la région militaire nº V, au sud-ouest de l'Allemagne, siège Stuttgart. En 1941 il comprenait 15 000 prisonniers.(Wikipedia)

Maitre Henry Vienot expliquait qu'il ne pouvait régler la succession puisque Jean Herz était au Stalag et qu'aucun administrateur n'avait été nommé (ce qui ne va pas tarder)



Ce sera donc Maitre Pradeau pour Chantilly




Pour l'appartement de l avenue Wilson , c'est donc Mr Silvan  qui est nommé administrateur général


Suzanne Belperron Copyright Olivier Baroin


Et nous retrouvons dans le dossier AJ38, la fiche de Bernard Herz comme ayant été interné le 27 mars 1942 à Compiegne, ce qui me chiffonne c'est le bas de la page "Compiegne le 12-12-1941"
Aurait il été interné avant? quand il avait été arrêté la première fois?


                                         Journal Officiel  Mars 1942 Nomination de Pradeau


Ces dossiers sont très administratifs, ils permettent d'envoyer rapidement  une personne a Auschwitz, mais lents pour d'autres décisions, maitre Vienot ecrit en Mars, la note du CGQJ  se transmet, puis une requête est adressée le 17-06-1942, la section IX le reçoit le 7-09-1942 et renvoie le  même jour.




Le 6 juillet 1942 l'administrateur Mr Silvan , nommé pour administrer les immeubles de Mr Herz, demande conseil au service qui le contrôle, il explique:
"J'ai l honneur de vous informer que l' interessé, relaché du camp de concentration de Compiègne, habite à nouveau son appartement"
(personnellement c'est la première fois que je vois ces mots "camp de concentration "dans un dossier AJ 38 à cette date)



C'est une exposition horrible, qui a fait le tour de la France, qui a influencé des  générations de       français, même dans les années 1960, j'entendais des gens dire "As tu vu son nez? c'est un juif..."   un état d'esprit, la survivance du racisme organisé par le Régime de Pétain.  

Je vous conseille de lire cet article de Wikipedia:      https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Juif_et_la_France                                                      

Mais ce qui nous intéresse dans cet article, c'est un nom, un homme, il commence à apparaître dans la presse, il s'agit de Louis Brideau, un avocat à la cour d'appel de paris, nous le retrouverons mêlé a notre dossier.

Le 17 aout 1942, le commissariat aux questions juives désigne un administrateur provisoire pour le 59 rue de Chateaudun à Paris.


Ce genre de fiche va être adressée à nombre de services concernés



Septembre... le Préfet s'impatiente


Alors le 10 septembre 1942 arrive le rapport demandé sur la propriété.




Voici le plan de la propriété de Madame Herz, née Marx, j'ai été obligé de retourner ce plan pour mettre l'entrée au nord telle que la maison était dans la réalité.


Trois avenues sur quatre n'ont pas changé de noms


Voici l'entrée de la propriété en 2017, avenue Magdeleine, les deux bâtiments indiqués sur le plan de l' architecte. La Maison a disparu, à la place se trouve un tennis, dans le parc qui faisait 19.738m², il y a désormais un lotissement.


Voci une vue aérienne de 2017, qui permet de comprendre l importance de la propriété.
1) L'entrée avec a gauche la maison du concierge et à droite, un batiment de communs divisé au rez de chaussée en garage pour 3 voitures, 4 boxes pour des chevaux, la propriété est tout a coté du champ de courses. 3 chambres de domestiques, poulailler, clapier, chenil.
2) l'emplacement ou se trouvait la maison.
3 ) séparé par l'avenue de Nemours le jardin potager  qui avait une superficie de 6840 m².
4) An nord séparé par l avenue Marie Amélie, il y avait un petit bois de 2 ares anviron



En septembre 1942  le directeur de l'aryanisation économique s'impatiente, tellement pressé de spolier un juif de plus!


Même date, le commissariat aux questions juives s'impatiente aussi les pressions sont de plus en plus fortes



Pradeau s'excuse

Que comprenait ce rapport tant attendu?  La description de la grande maison d'habitation.
Elle était construite en pierres de taille, couverte en tuiles, élevée sur un sous sol comprenant une cuisine, un office, WC, salle à manger, chauffage central et eau chaude, chaudière à distribution d'eau chaude pour bains et toilettes, cave à charbon et cave à vins.
Au rez de chaussée, un grand hall, salon , bibliothèque, salle à manger, office, WC, lavabo, cabinet de toilette, penderie.
C'était un escalier en pierre qui conduisait au premier étage, ou il y avait deux chambres à coucher, deux cabinets de toilette, deux salles de bains,  un autre cabinet puis deux chambres à coucher , deux salles de bains, un cabinet de toilette , WC.
Au deuxième étage trois chambres de maître avec chacune leur cabinet de toilette, une salle de bains, quatre chambres  à coucher de domestiques, une lingerie et un escalier de service.


On pourrait penser qu' il est fastidieux de lire des documents insipides sur ce sujet, mais je crois important de montrer l acharnement administratif de fonctionnaires français qui "secouent" d'autres fonctionnaires français pour que la spoliation des juifs aille plus vite. S'il est vrai que la police obéissant aux ordres s'est rendue coupable de certaines opérations, que dire de l ensemble des fonctionnaires ayant obéi à ces actes racistes la plupart du temps vis à vis de français de confession juive qui avaient bravement combattu en 1870 et en 1914, tel Bernard Herz.


Lettre du préfet pour accélérer les choses


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Chacun s'occupe de ses honoraires et qui les paiera?
Tout le monde s'en moque puisque ce sera pris sur le produit de la vente des biens d'un JUIF!



Le 21 octobre Monsieur l'architecte  Gilbert Petit,expert auprès des tribunaux, habitant à Chantilly, écrit qu'il se "met immédiatement en rapport avec"  pour cette affaire Bernard Herz motif ;

"Propriété Juive"

Il y a donc des Français juifs et des français catholiques, protestant etc? 
Monseigneur Gerlier déclara: "« [...] D'une part, le fait de l'existence d'une communauté juive internationale à laquelle sont rattachés les Juifs de toutes les nations et qui fait que ceux-ci ne sont pas des étrangers ordinaires accueillis dans un pays, mais des gens inassimilés, peut obliger un État à prendre des mesures de précaution au nom même du bien commun."

Étant personnellement , expert judiciaire en gemmologie et joaillerie admis à l honorariat, je me demande souvent "qu'aurais-je fait ", mais je n'aurais pu (je crois) sachant ce que mon travail aurait de conséquences adresser des rapports en sachant que le sort de mes amis professionnels en dépendait.

Bague  une émeraude pans coupés,  monture moitié sertie de diamants ronds taille ancienne avec émeraudes carrées,  marques de fabricant pour Groene & Darde. dessinée par Suzanne Belperron. bague ayant appartenu a Madame Mary Picha-Eisenstein est née à Vienne en 1901, où elle a vécu jusqu'à son arrivée à Paris avec son fils en 1935. Chère amie de Suzanne Belperron , ayant un an de plus que Suzanne, Mme Picha-Eisenstein a régulièrement demandé à Mme Belperron de faire des bijoux pour sa collection personnelle. Admirant son talent, elle recommande souvent Mme Belperron à des acteurs et actrices célèbres qu'elle connaît par son mari, Boris Eisenstein, fondateur de la Société Parisienne de Sonorisation, la société chargée du doublage des films Disney et James Bond. Présentée régulièrement au Festival de Cannes, elle s'est mélangée à des personnalités comme Charlie Chaplin, Marlene Dietrich, Cary Grant et ses bons amis Michèle Morgan, Walt et Roy Disney. Pour de tels événements,elle portait des parures de Suzanne Belperron Son affection pour les belles créations de son amie s'est poursuivie jusqu'à son décès en 1988. D'après la maison Sotheby's


Magnifique collier "Bambou"  créé par Suzanne Belperron en 1943 pour son amie Mary Picha. Les deux motifs or, platine et diamants sont détachables pour être portés en broche.



Lors de la vente des bijoux de Marie Picha, la maison Sotheby's publia ce portrait dans son catalogue de vente, ce qui nous permet de nous rendre compte de la taille de ce collier.
Suzanne a continué a produire pendant la guerre, avec difficulté, le commerce de l or était interdit par la banque de France. Le client désirant un bijou devait fournir la contrepartie du métal nécessaire plus un pourcentage de perte. Il fallait pour le platine fournir 135% du métal en plus, car le platine servait à l industrie d'armement. Suzanne avait moins de difficultés pour son approvisionnement en pierres précieuses car Bernard Herz avait un stock très important avant guerre.

Arrive la tragédie!


Siège de la Gestapo avenue Foch Paris

Le 2-11-1942 Suzanne Belperron est arrêtée et conduite au siège de la Gestapo avenue Foch à Paris
Le même jour Bernard Herz est arrêté aussi à son domicile. <
Pendant le transport de Suzanne, le policier qui l' accompagne lui montre une lettre de dénonciation, Bernard et Suzanne sont interrogés.
Bernard est conduit au camp de Drancy.  Il faudra attendre 1944 pour avoir une explication.

 

Lettre terrible, peut-on la publier?  Mais Suzanne n'a pu inventer ce fait? ce nom? Cette Fonction d'avocat?
Mais qui donc était cet avocat du nom de Brideau ?  J'ai cherché....
Certains me disent," pense à la famille des gens que tu cites"....mais Brideau et les autres ont ils pensé aux familles de ceux qu'ils désignaient comme l'ennemi?


Je l'ai cité plus haut , un avocat à la cour d'appel de Paris, Louis Brideau, est bien un antisémite notoire comme l'indique Suzanne Belperron.
Je veux dire par "Notoire", qu'il est connu d'un très grand nombre de personnes et que ce fait n'est pas contesté!



1936 dans le journal des débats


Novembre 1942 dans le journal "Le petit parisien.


le 10-01-1942 dans le Petit Parisien


Ami de Paul Sezille , Brideau écrit dans ce Cahier Jaune


Publicité pour les cahiers jaunes  dans le Petit parisien


C'est un collabo ami de Lucien Rebatet
Clichés de Google Books


Loin d'être un inconnu ce Brideau!!


Brideau fait partie de l institut des questions juives, alors??

Bernard est donc arrêté le 2-11-1942 et presque aussitôt envoyé à Drancy, Suzanne Belperron  écrit dans sa lettre de 1944 que Bernard Herz est resté a drancy de Novembre 1942 jusqu'au 3-9-1943 pour être envoyé à Auschwitz, mais en 1944 on ne connaissait  pas encore les parcours des déportés.
De même que la famille Herz n'apprit qu'en 1945, ce qu'était devenu Bernard Herz.


C'est pourquoi je crois bon de publier ces fiches



Cette fiche est terrible car il est noté "Ne pas libérer" alors que beaucoup d'autres l'ont été donc la décision est prise.



Bernard Herz a bien été envoyé au camp de Beaune la Rolande, on peut même lire, écrit au crayon en haut de la fiche "Baraque 7"


Herz, citoyen français, le gouvernement de Vichy avait assuré qu'on ne livrerait pas de Juifs Français, qu'on arrêterait pas ceux qui avait fait la guerre 14........



Nous savons donc désormais que Bernard Herz est arrivé au camp de Beaune-la- Rolande le 9 mars 1943, la fiche dit qu'il a été arrêté a Paris par la police au cours d'une rafle et je crois que c'est  la vraie explication, et non à son domicile.

Mais le  10 juillet 1943, Aloïs Brunner ordonne la fermeture du camp de Beaune-la-Rolande. Les 600 internés qui y demeuraient encore, sont pour partie transférés à Drancy, pour partie affectés à l’Organisation Todt 24.
 C'est a cette époque que Bernard va être renvoyé à Drancy.

Anne Sebba dans son livre "les Parisiennes"insiste sur le fait que Bernard Herz espérait être transféré de Drancy à l‘Hôpital Rothschild. Elle précise dans une note  en bas de page 158 :
https://www.theguardian.com/books/2016/jul/31/les-parisiennes-anne-sebba-review

L’Hôpital Rothschild qui est souvent mentionné en référence à Drancy est situé près du Cimetière de Picpus, dans le 11ème arrondissement, lieu où se trouve une grande quantité de tombes de guillotinés pendant la Révolution. En 1797, le terrain fut acheté secrètement par la Princesse Amélie Zéphirine de Salm-Kirburg, aristocrate allemande élevée à Paris qui s’était mariée dans la famille des Hohenzollern-Sigmaringen, terrain où sont enterrés son frère et son amant . Ceci eut pour conséquence que ce cimetière fut apparemment considéré comme un endroit sacré pour les Allemands, qui ne devait pas être trop activement surveillé par la Police et ainsi, fut offert comme un chemin utile pour s’échapper.





Suzanne Belperron doit subir les pires vexations , ainsi le 22-01-1943 il lui est demandé de prendre un engagement sur l honneur, qu'elle n'est pas Juive ni ses parents et arrières grands Parents



Ce cher Monsieur Lanllier qui était le directeur responsable du comité d'organisation des industries et métiers d'art était consulté pour chaque aryanisation de Joaillier ou autres métiers d'art.



Il n'a pas levé le petit doigt pour défendre Bernard Herz et Suzanne Belperron, au contraire!!!
Jean Lanllier, ancien secrétaire général du Syndicat de la Haute Joaillerie, fut parait il un familier et intime des plus grands bijoutiers du monde pendant un demi-siècle, 

Mais pendant les affaires, les affaires continuent et nos équipes de fonctionnaires liquidateurs ne chôment pas.


En effet , c'est un bien qui dépasse le million de francs , donc , vendre...vite.




La preuve il est joint une feuille écrite à la main, il faut relancer la Préfecture car on a un acquéreur.
Ces braves français du commissariat général aux questions juives n'ont pas encore l'autorisation de faire la publicité de la vente qu'ils ont déjà un acquéreur.




Ce document parle de lui-même, Suzanne accepte de payer plus, pour pouvoir exercer, et son administrateur général  qu'elle aurait considéré autrefois comme un ami demande le double de paye.



Tous ses associés vont devoir remplir et signer ce papier, j 'ai choisis celui de Mr Coard , car il s'est beaucoup engagé pour elle.


Enfin le 2 mars 1943, l acheteur de la maison et du domaine de Chantilly est connu.


Qui est ce Demarsy??? les tractations continuent pour vendre Chantilly mais a un prix plus bas.



Pourtant je pense que c'est ce Monsieur Oswald qui l emporte pour l 'achat de la maison de Chantilly


Monsieur Oswald accepte d'acheter la "Villa Aline" de Chantilly pour 1.200.000fr.


Tous se mettent d'accord sur le nom de Mr Oswald


Monsieur Guiberteau n'était pas un ami, mais je crois que l'interprétation de Mr Olivier Baroin est exacte, au sens ou cet administrateur a tout fait pour que la société de Suzanne Belperron voit le jour.


Par rapport à d'autres, en effet, même s'il a accepté cette fonction d administrateur de l'aryanisation, il s'est comporté très honnêtement et il fut de bon conseil.


La dernière phrase de sa lettre est un réconfort comparée au comportement d'autres  administrateurs.



Enfin la société que Suzanne Belperron avait constituée des 1940 est officielle, tout a été vérifié, les stocks ont été expertisés , Suzanne a fait preuve de sa catholicité, etc ,  et le 11-08-1943 l acte est refait et signé chez Maitre Wargny.



Je crois qu'il n'est pas utile de publier tout l'acte, en revanche la dernière page est émouvante avec toutes les signatures de ces gens qui malgré les soucis de l' aryanisation, ont tenus bon a ses cotés.



Au cas ou Mr Bernard Herz reviendrait de captivité, il avait été placé une somme de 198.626 frs sur un compte de la caisse de dépôts et consignation,  terrible hypocrisie puisqu'on allait bientôt l'envoyer à Auschwitz.....


Suzanne n'était pas au bout de ses peines car il fallait aussi verser un petit chèque au profit des Allemands par l intermédiaire de cette banque Anglaise. Je n'ai pas encore compris ou appris comment cette grande banque Anglaise voyait passer par ses services autant d'argent officiel allemand!
Les biens des juifs,  furent placés sous l’autorité d’administrateurs provisoires, en règle générale des Allemands ou des personnes agrées par les allemands La gestion des dossiers d’administration provisoire des entreprises, reprit le plan de classement des déclarations. Sous prétexte du contrôle des intérêts économiques de l’ennemi en zone occupée, la politique allemande ouvrit une large brèche à travers laquelle pouvait s’infiltrer la mainmise impérialiste de l’économie allemande. D’importants capitaux étaient gérés par les Allemands et pouvaient être affectés par eux à des investissements de leur choix. 
Il était également possible d’orienter le développement des entreprises sous administration provisoire dans un sens favorable aux intérêts allemands (y compris les intérêts des concurrentes allemandes de l’entreprise concernée). Les nombreuses participations étrangères dans des entreprises françaises furent obligatoirement liquidées et très souvent acquises par des entreprises allemandes désireuses de prendre le contrôle de ces entreprises, dans des conditions fixées par une administration militaire qui n’avait certainement pas pour consigne de défavoriser les compétiteurs allemands ! Par ailleurs, le contrôle de la gestion des administrateurs provisoires était confié au « Service fiduciaire et de contrôle comptable dans le ressort du MBF » (Treuhand- und Revisionsstelle im Bereich des MBF), filiale de la Treuhandgesellschaft[de Berlin, une société d’expertise comptable. La Treuhand- und Revisionsstelle recevait les comptes arrêtés par les administrateurs provisoires et encaissait auprès des entreprises les frais d’administration pour les reverser aux administrateurs à titre de rémunération.
Une excellente étude sur ces rackets: http://www.ihtp.cnrs.fr/prefets/belgique_france_nielen.html

Nous approchons du 3 septembre 1943 et Bernard Herz  va être assassiné a Auschwitz.
mais le 21 février 1943 il avait adressé cette lettre ci-dessous à Suzanne.

 
Cliquer sur toutes les photos pour les agrandir

Cette lettre , il vous faut la lire.
Si on découvre toute l affection que Bernard Herz porte a Suzanne Belperron, on entrevoit son désespoir, puis un reste d'espoir quand même quand il constate qu'on constitue des équipes de travail avec des moins de 65 ans  "est ce qu'il y aurait une libération des gens de 65 ans , c'est possible, on ne sait jamais rien" écrit il!
Ce qu'il ne sait pas justement, c'est que les allemands ne veulent pas des plus de 65 ans et qu'il est destiné à la pire des retraites, la mort.
Le  2 juillet 1943  la SS prend directement en main le camp de Drancy qui, dès lors, s’intitule
« camp de concentration ». Un détachement spécial (Sonderkommando), dirigé par un des adjoints d’Eichmann, Aloïs Brunner, arrive à Paris et en prend le commandement
Le 10 juillet 1943, Alois Brunner va ordonner la fermeture de Beaune-la- Rolande, les 600 prisonniers  dont Bernard Herz sont transférés à Drancy.
Ceux qui sont jeunes sont envoyé à l organisation TODT , pour la construction du mur de l atlantique par exemple, les autres trop âgés pour ces travaux vont attendre. Désormais à  Beaune-la-Rolande on envoie les prisonniers politiques.


le 2 septembre Bernard Herz , Joaillier Français, monte dans le convoi N° 59 vers Auschwitz


 Il ne fera pas partie des 13 survivants dont 3 femmes, il a été gazé des son arrivée


Compliments pour Suzanne Belperron, mais si Bernard Herz n'avait pas été là coté Finances...


Les petits papiers en dehors du dossier officiel



Je crois utile de publier l'acte définitif de la vente à Suzanne Belperron, enfin acceptée par toutes les autorités Vichyssoises et Allemandes, il est intéressant de voir certaines clauses de cette vente











Finalement, la vente de l'entreprise de  Bernard Herz du 10-01-1941  est homologuée le 03-11-1943 par Mr Guiberteau, l'administrateur de l' aryanisation qui est l un des plus honnêtes que j ai rencontré dans mes recherches sur la joaillerie de 1939 à 1945.
La société crée par Suzanne Belperron ou elle est majoritaire peut travailler (presque) librement, il n'aurait tenu qu'a elle de rester ainsi. 




Confirmation du dernier paiement, ceci, de ma part,  pour insister sur l alliance de certains français avec les services allemands.



En octobre 1945 arrive enfin une lettre du service de Restitutions, il est indiqué sur le document "Non revendiqué"



Le 22 novembre une réponse de Jean Herz rentré du Stalag en Allemagne fin mai 1945, il remplit très simplement le questionnaire "nous n'avons aucune nouvelle de Bernard Herz."



L'administrateur avait déjà envoyé son fichier  des diverses spoliations





L' administrateur de l'aryanisation, Monsieur Guiberteau le 18 mai 1945 précise que "son administré a été incarcéré à Compiègne à la fin 1942 et finalement envoyé en Allemagne. Agé de 65 ans et malade, sa famille très inquiète à son sujet n'a eu aucune nouvelle de lui depuis sa déportation depuis deux ans"


Il expose très honnêtement les sommes réglées a divers organismes, que sera-il restitué?
Le dossier d'aryanisation est laconique, une vie détruite, les malheurs d une famille!!



Rappelez vous ce Brideau avocat  antisémite qui était un des responsable de l'exposition "Le Juif et la France" un juge d'instruction est nommé et convoque le 29-05-1945 Suzanne Belperron  à la Cour de Justice de la Seine pour l'entendre dans cette affaire "Brideau" .A t elle été écoutée et entendue? je n'ai pas trouvé de traces.



Ce bijou, vendu par la maison de ventes aux enchères Piasa  http://www.piasa.fr/ est intéressant . 
C'était au départ une simple montre et, fin 1945  Suzanne Belperron  le transforme.
De la montre elle ne conservera que la boite, Suzanne va faire réaliser « a façon » avec l’or et les brillants de la cliente un bracelet « Clouté » et ajouter quelques diamants, plus tard, la montre ne fonctionnant pas le cliente finira par faire mettre trois diamants pour obstruer l’ouverture du cadran. Nous sommes juste après-guerre et la cliente fournit et paye en matières en grande partie. Le CNEP  était une banque le "Credit national d'escompte de Paris" qui fin décembre 1945 sera nationalisé.
Mais ce qui nous intéresse est aussi l'entête de la facture. En effet  à cette date la seule société existante est la SARL Suzanne Belperron,  donc Suzanne a employé un bloc de factures de Bernard Herz datant d'avant 1940, et ajoute manuellement sur ces factures un tampon 

Pour comprendre ce qu'était l'attente des familles du retour des leurs dont ils n'avaient pas de nouvelles depuis le début de cette guerre, il m'a été confié une lettre du 9 mai 1945...de Thérèse la femme de ménage de Suzanne Belperron

Mercredi 9 mai 1945

Madame
Après quatre jours d’absence, je suis rentrée hier soir à 11h du voyage en Bretagne déplacement de travail.
Aujourd’hui c’est jour de victoire, jour de paix : il ne faut surtout pas pleuré Monsieur Hertz comme un disparu, mais l’attendre et préparer son retour.
Monsieur Hertz va revenir mon cœur me le dit, le bon Dieu a fait un miracle pour Monsieur Robert, le bon Dieu en fera un nouveau pour Monsieur Hertz.
Quand l’on constate la nature fragile et délicate de Monsieur Robert et que malgré tout il est là il vit et il vivra, Madame ne peut pas avoir toutes les épreuves.
Nous avons vécus ensemble des années de tristesse et j’ai souffert et souffre de la même peine que Madame ressent.
Chaque jour les prisonniers et déportés reviennent même si le retour se fait un peu attendre ayons confiance ce beau jour viendra, je le crois vrai.
J’espère que Madame et Monsieur Louart ont le bonheur d’avoir près d’eux Monsieur Jaques leur fils.
Pauvre Monsieur Delatour lui aussi il a besoin de toute la tendresse de Madame, sa joie de vivre est là ou Madame prend place.
Quant à Monsieur dans aucune de mes lettres précédentes je ne me rappelle à son souvenir il doit m’oublier, Monsieur détestait tellement ma forte tête et malgré les humiliations subies de sa part, je lui présente mes bonnes pensées ainsi que mes sentiments respectueux.
Si Madame veut bien également transmettre à Madame Baur ? mon souvenir reconnaissant pour le geste si spontané d’avoir voulu m’assurer du travail chez Mme -------- cela n’a pas réussi personne n’y peux rien.
Maintenant parlons de mon Bengali, j’ai très bien senti que mon petit chat avait couru un danger, dans la période de l’accident j’ai rêvé de ma petite ---- et de mon Bengachou ? j’étais à la campagne et je les voyais tombés d’un mur et pour finir Bengali c’était enfui dans les champs et je ne le retrouvais pas, plusieurs nuits n’ont été que cauchemars.
Madame se renseigne si le tabouret qui doit être à côté du garde-manger le long de la fenêtre de la cuisine est toujours bien à sa place.
Je sais par Madame Tata ? que Venise ? est très douce avec Bengali et s’y intéresse beaucoup, au contraire Françoise ne s’en occupe pas du tout, elle ne lui fait aucun mal mais aucun bien.
Madame sait combien j’ai gâté Mme Tata ? je criais peut-être beaucoup mais je l’aimais bien quand même, maintenant cela est changé.
Paraît-il que Françoise a sa nièce qui habite à proximité de chez elle et quand il y a un reste au lieu que Mme Tata ? en profite comme dans les temps passés ce qui serait normal Mme Tata ? faisant partie du personnel de la maison, au contraire Françoise en disposé. Paroles de Mme Tata ?
A mon sujet je puis dire que ce travail de restaurant ne me convient encore pas, je suis bien trop bourgeoise pour évoluer dans ce milieu, je ne m’étends pas davantage sur moi-même quand je me sera situer à ma convenance Madame en sera de suite avertie.
De bonnes caresses à mon Bengali et pour Madame, tous mes sentiments profonds et affectueux.
Thérèse
J’attends la lettre qui me dira que Monsieur Hertz est là.


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C'est une partie du registre du commerce de Paris , document difficile à lire pour comprendre , il semble qu'il y ait une cession le 20-12-1946  puis le 13-5-1947 , une nouvelle création sous la ref 22282, une modification au nom de Jean Herz-Suzanne Belperron.
Ce qui voudrait dire que sans attendre l'ouverture du Testament de Bernard, Suzanne Belperron ait voulu réorganiser sa société de façon à redonner à Jean Herz les actions que son père aurait voulu lui transmettre autrefois.

Elle n'a pu "rendre" à  Jean Herz la société car  elle avait payé le Stock, le fonds de commerce, les actions.
Il a fallu légalement rembourser les actions de madame, De lys, de Madame  Reveillaud, et de Mr Coard, chacun ayant 10 actions de 1000 frs  Suzanne en ayant 400 de 1000 frs
Madame Raulet dans son livre  sur Suzanne Belperron ecrit : elle a un associé, Henri Guiberteau. Son ami Marcel Coard l’aide et lui prête les fonds nécessaires pour la transaction. De novembre 1940 à décembre 1946, afin d’en assurer la pérennité, elle prend les rênes de la maison Bernard Herz sous l’enseigne Suzanne Belperron SARL ... 
Une petite erreur Henri Guiberteau était l administrateur provisoire de l aryanisation, mais Coard était bien un ami de Suzanne.
Il s'est dit que Monsieur Coard avait prêté à Suzanne  les 700.000 frs , et qu'après la libération il n'avait pas voulu être remboursé.


Fauteuil de Marcel Coard années 30

Monsieur Coard mérite qu'en aparté je lui consacre un entrefilet
Lors d'une exposition à la galerie Galerie Félix Marcilhac, il avait été écrit à son propos

Marcel Coard est un des rares grands décorateurs du début du XXème siècle qui est encore peu connu du public. Attaché à la création de pièces uniques luxueuses pour des commanditaires célèbres et n’ayant laissé que peu de traces écrites de ses créations pour ne pas dire aucunes, rien n’avait été entrepris avant sur son travail.
La reconnaissance de Marcel Coard commence en novembre 1972 avec la vente de la collection de Jacques Doucet où le canapé gondole réalisé au début des années 20 pour l’intérieur parisien du couturier, second record de la vente, est enlevé par les Lewis, couple de collectionneurs américains qui feront don de leur collection au Musée de Richmond en Virginie. Dès le lendemain le collectionneur Bob Walker commence alors à acheter des pièces de Marcel Coard auprès des commanditaires connus du décorateur comme Paul Cocteau et constitue une des plus importantes collections dédiée à cet artiste, qu’il revendra au fur et à mesure des années.


Marcel Coard : Galerie Marcilhac

 Le second grand commanditaire de Marcel Coard est l’agent de change Paul Cocteau, frère ainé du poète, qui lui laisse son entière maison de Tours à décorer dans un esprit moins luxueux que son appartement parisien, en dehors de la chambre de Mme Cocteau et de quelques pièces bien précises. Puis c’est au tour du Mobilier National de passer commande au début des années 30, sans oublier la joaillère Suzanne Belperron et sa collaboration avec le sculpteur hongrois Joseph Csaky. 

Début février 1947, Maitre Henry Viénot, 7 rue de la Boetie à Paris contacte Suzanne Belperron, il lui fait part des décisions de Bernard Herz et lui confirme qu'elle a été désignée par lui comme éxécutrice testamentaire.
Dans son troisième et dernier testament, il indique la nature et l'endroit ou sont situés  ses divers comptes bancaires en France et à l'étranger, il mentionne d'ailleurs Guiard-Offroy et Cie Faubourg Poissonnière que j'ai cité plus avant. 
Il donne des conseils à son éxécutrice Testamentaire pour se faire assister par deux notaires et s'il est revenu de captivité,  par son fils Jean.
Il demande a ce que sur la part de sa fille Aline, on réserve à ses enfants  la plus grande partie permise par la loi.
Il fait un don a Suzanne en lui demandant de garder les potiches et objets en Chine (écrit ainsi dans le texte) qui sont dans un coffre bancaire et "recommande" à son éxécutrice testamentaire de faire des dons , dans la mesure légale, à cinq de ses employés plus quelque chose aussi à ses anciens employés de bureau du 59 rue de Chateaudun.
A aucun moment dans son dernier testament, il ne demande à Suzanne Belperron de prendre comme associé son fils Jean.

Le 13-05-1947 est inscrit au registre du commerce la nouvelle société crée le 20-12-1946 ou Jean Herz et Suzanne Belperron sont tous deux gérants, la SARL Jean Herz-Suzanne Belperron.
 Il y aura une nouvelle demande d'immatriculation le 29-06-1955 laquelle société sera radiée d'office le 09-07-1975



Il aura fallu attendre 1948, le 22  avril pour que soit restitué l' appartement du 38 avenue du Président Wilson


Suzanne est toujours au 59 rue de Chateaudun, au troisième étage de ce bel immeuble

Cette porte a vu passer nombre de ses clients, pourtant sans magasin, sans vitrines, son talent suffisait à attirer les clients qui se "refilaient" entre eux le bon tuyau, la bonne adresse.



Broche en platine et or gris 750-1000° diamants ronds  difficile a cerner la date entre 1956 et 1965 Avec la marque de fabricant de Darde et Fils pour Suzanne Belperron, Revendue par la maison Christie's


Elle a retrouvé la société Groëne et Darde, devenue Darde et fils en 1955, puis Darde et Cie de 1970 à 1974 . Elle travaille également avec le lapidaire Adrien Louart,

Suzanne Belperron ne signait pas les bijoux qu'elle créait, elle n'avait pas de poinçon de fabricant, mais elle a toujours travaillé avec la même famille d'artisans (rarement d'autres), c'est le meilleur moyen d'authentifier une pièce d'elle, fabriquée sous sa responsabilité.

Le poinçon de Maître de  Groene et Darde est inscrit dans un losange, à gauche, l'initiale G, au centre une fleur de Lys à droite l'initiale D,  au-dessus de la fleur de Lys  Sté.  Poincon  en cours de 1928 à 1955.
Le poinçon de Darde et Fils en cours de 1955 à 1970. Initiale D à gauche, au centre une fleur de Lys, et à droite F.
Enfin Darde et Cie en cours de 1970 à 1974 , 11 rue des petits champs, à gauche D, au centre une fleur de Lys, à droite Cie
au-dessus de la fleur de Lys  Sté.


Le 12 Juillet 1963, une très bonne nouvelle.

Confirmée par le Ministre de l'Industrie


Le 12 juillet 1963, c'est la "créatrice joaillière"  (profession qui est indiquée sur le diplôme de Chevalier de la Legion d'honneur)  qui est distinguée et non pour une activité de résistante. La Croix lui est remise par son grand ami, le comédien et metteur en scène Jean Marchat, officier de la Légion d’honneur et sociétaire de la Comédie Française.


Ce carton d'invitation est étonnant  par l'orthographe de "Beleperron"  l'a-t elle fait refaire?, peut être n'en avait elle pas le temps? 
Suzanne Belperron et son associé, Jean Herz, décident lors de l’assemblée générale du 28 juin 1974, de dissoudre à l’amiable leur société. 
Le31-12-1975 la société Herz-Belperron est liquidée.
Suzanne Belperron meurt accidentellement et tragiquement dans son bain le 28 mars 1983 à l’âge de 82 ans. Elle a eu  malaise, puis elle est décédée dans sa baignoire alors que l’eau était brûlante .Sans descendance, elle lègue ses biens à un ami proche, Michel Choisy.





L'essentiel des documents de ce dossier provient du dossier d'aryanisation de la société de Bernard Herz grâce aux indications de madame Monique Leblois Pechon, qui m'avait déja aidé pour les Van Cleef et les Arpels, dont je regrette le départ des Archives nationales fin janvier. A madame Leblois Pechon, mes remerciements admiratifs.

J'ai pu ainsi consulter: les dossiers d'"aryanisation" des biens de Bernard Herz conservés sous les cotes AJ/38/3163 dossier 33816 (entreprise), AJ/38/4897 dossier Herz et AJ/38/4886 dossier 4811 (propriété à Chantilly) et AJ/38/2638 dossier 24765 (appartement à Paris).consultables sous forme de microfilms.
- fiches de la Préfecture de police de Paris et des camps de Drancy et de Beaune-la-Rolande relatives à l'internement et la déportation de Bernard Herz, cotes F/9/5614, 5646, 5700 et 5759. 
Lorsqu'on habite entre Avignon et le Pont du Gard, la distance avec Paris est un souci je remercie donc pour son amabilité, sa gentillesse , sa compréhension Magali Guilhot des Archives de France qui de plus travaille près de chez moi au Centre national du microfilm et de la numérisation à Saint Gilles 30800
Ce sont aussi les recherches sur les sites de la bibliothèque nationale et Gallica.Tous les articles de presse entres autres viennent de Gallica.

je vous conseille aussi deux très beaux livres: Suzanne Belperron par Sylvie Raulet et Olivier Baroin publié à la Bibliothèque des Arts.

"Les bijoux de Suzanne Belperron" par Patricia Corbett, Mr Ward Landrigan, et Nico Landrigan édité chez Thames et Hudson. 




J'espère recevoir des commentaires mais si vous ne souhaitez pas que ce soit public, vous pouvez m'écrire à richard.jeanjacques@gmail.com